‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 109 sur 352 · FINANCES · texte numérisé non relu

FINANCES

liant lesquelles on accordait des franchises aux communes^ aux corporations, aux individus; l'impôt direct réparti différemment, tantôt d'après le nombre des feux, tantôt par tête, ou bien en proporlion du sel consommé , ou des chevaux que Fon devait loger, et cet impôt variait selon la condition des personnes ou les coutumes de la commune.

/■^ Dans les circonstances critiques, on frappait d'un impôt les biens du clergé, avec le consentement du pape, ou l'on employait dans l'intérêt public les legs faits pour des œuvres de charité. Souvent on demandait des subsides, que ni les communes ni les corporations n'osaient refuser, et dont parfois on déterminait d'avance le montant; on faisait même connaître les occasions où l'on y aurait recours. Il restait, en outre, une source plus abondante, les confiscations, qui servaient, non-seulement à remplir le trésor, mais encore à rendre impuissantes les familles qui portaieut ombrage.

En résumé, les finances devenaient un instrument redoutable d'oppression, d'autant plus qu'elles n'étaient pas soumises à de bons règlements administratifs. Accumuler de l'argent pour entretenir des armées non citoyennes, qui sont tout à la fois l'aiguillon et l'appui de la tyrannie , c'est à quoi se bornait toute la science financière des princes. Ainsi, tandis que dans le moyen âge on reconnaissait, du moins en droit, la supériorité de la conscience sur l'opinion, de la justice sur la force, la politique alors se réduisit à l'art d'arriver au pouvoir et de le conserver par tous les moyens, sans jamais faire preuve de générosité. Dès lors nous trouverons au onzième siècle beaucoup de travaux magnifiques, peu de belles actions. Le dépeindre comme un âge d'or, c'est donc faire un mensonge, ou vulgaire, si , malheureux dans le présent, on se figure le passé très-heureux ; ou littéraire, si l'on veut accroître l'effet des ténèbres antérieures en y opposant les rayons d'une lumière très-limpide.

Dans l'Italie, l'ancienne civilisation avait laissé des restes vivaces , et la nouvelle, dont la force dérivait du pontife, avait marché à grands pas : instruction répandue et honorée, agriculture savante, commerce étendu, existence très-heureuse, luxe raffiné, elle réunissait tous les avantages. Les étrangers, de même qu'ils étaient attirés par la dévotion au seuil des saints apôtres, venaient, pèlerins de l'intelligence, pour chercher des inspirations, des exemples, un complément d'éducation, le goût des travaux littéraires, la hardiesse de raisonner, l'expérience

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