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HAUTE ITALIE

beaucoup. Ajoutez-y les hétérogènes éléments historiques d'une érudition qui écrasait les espérances sous le poids des souvenirs, et opposait à Tîtalie naissante le fantôme d'une Italie évoquée. Mille obstacles empêchèrent donc qu'une jeunesse précoce fut suivie d'une forte virilité, et que les Itahens, unis par le sol et la langue, créassent l'accord de l'opinion, indispensable à l'unité nationale, dans une fédération comme dans une monarchie.

Les choses, sans doute, n'auraient pas été pires qu'ailleurs sans l'intervention des étrangers, qui troublèrent ces combinaisons ingénieuses, et si les plus grandes planètes, en s'approchant, n'avaient pas entraîné comme satellites les petits États italiens. Les armées indigènes firent place à des Suisses ivrognes, à des Espagnols superbement rapaces, à des Français impétueux et dissolus, à des Tudesques grossiers et dédaigneux. Aux guerres courtoises fut substituée, avec la violation de toutes les lois de l'hospitalité, de la décence, de l'humanité même, une férocité brutale qui s'exerçait, non dans un but déterminé et sur des personnes notables, mais sans distinction et pour l'unique plaisir de tourmenter et de détruire , pour le cruel point d'honneur d'écraser ces hommes dans lesquels on ne pouvait éteindre la vie du cœur et de l'intelligence.

La féodalité, détruite dans le reste de l'Italie, prévalait encore, à cause du voisinage de la France, dans les pays dépendant des ducs de Savoie, lesquels tendaient à soumettre les vassaux, mais sans refuser aux communes quelques franchises, qui les assimilaientplutôtauxmunicipes anciens, et les empêchèrent de parvenir à l'indépendance, comme celles de Lombardie. Ces ducs , étrangers d'origine, dominaient aussi, du versant septentrional des Alpes, la portion qui s'étend le long du Pô et de la Doire, territoire le premier ravagé par toute armée qui descendait en Lombardie. Les Alpes, de ce côté, ne bornaient donc pas encore le sol italien ; des Allemands et des Garinthiens s'y étaient introduits depuis le Frioul jusqu'au Tagliamento, et depuis le Tyrol jusqu'au lac de Garde. Il arrivait des Suisses et des Grisons des Alpes lépontines et rhétiques.

Le Milanais exerçait la prépondérance dans la haute Italie, et aurait pu la réunir tout entière si ses chefs avaient été vertueux, au moins dans le sens de Machiavel. Il était entouré par un grand nombre de petites seigneuries : la principauté de Monaco, au midi du Piémont ; la seigneurie de Massa, au nord-ouest de la Toscane ; le comté de la Mirandole, au nord-est de Modène.

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