ROYAUME DE NAPLES. SICILE
Borso d'Esté avait obtenu de l'empereur Frédéric III les titres de duc de Modène et Reggio, de comte de Rovigo et Comacchio, et de Paul II, celui de duc de Ferrare. Le Mantouan, confirmé par Louis de Bavière aux Gonzague, puis érigé en marquisat par Sigismond^ comprenait les seigneuries de Bozzolo et de Sabbioneta , tandis que d'autres branches de cette maison dominaient à Gastiglione , à Solferino , à Novellara , à Guaslalla avec Montechiaruggolo.
La dynastie aragonaise, la seule qui iixi étrangère, possédait le royaume de Naples, l'État le plus étendu et cependant le plus faible de tous ceux de l'Italie ; car le roi Ferdinand y était abhorré, à cause des moyens qu'il avait employés pour comprimer la conjuration des barons. Il en était de même de son fils ahié, Alphonse de Galabre , parce qu'on lui attribuait le conseil des cruautés, lesquelles n'avaient pas suffi néanmoins pour détruire toutes les juridictions seigneuriales. Les forces affaiblies, la défiance et l'espoir de changements disparus, les Sanseverino et les Caldora, avec la persistance infatigable des bannis, semaient les haines dans toute l'Italie et entretenaient des intelligences dans l'intérieur, tandis que le peuple, non moins malheureux sous les Angevins que sous les Aiagonais, ne se sentait disposé à combattre pour aucun parti. Ferdinand le Catholique convoitait ce royaume; mais, comme il ne pouvait le posséder sans déranger l'équilibre politique, il en sortit les guerres qui finirent par jeter sur l'Italie les hommes dont la force devait décider de son sort d'une manière si funeste.
La Sicile demandait en vain d'ijtre considérée comme royaume distinct, non comme province d'Aragon. De là on lui envoyait un vice-roi triennal, sous lequel se trouvaient les chefs de la chancellerie, c'est-à-dire les secrétaires d'État, les magistrats de la cour suprême, un grand conseil de tous les hauts dignitaires du royaume, barons et prélats. Les vice-rois , résidant tantôt ici , tantôt là, jusqu'à ce qu'ils se fixèrent à Palerme, se trouvaient liés par de fréquentes instructions secrètes, et ne pouvaient conclure rien d'important sans l'avis du roi : mais, à l'égard des sujets et des fonctionnaires, leur puissance était illimitée; puis, en remplissant la charge de capitaine général, ils rendaient inutiles le grand connétable et le grand amiral, presque toujours étrangers. Les autres charges de maître justicier, de maître cartulaire, protonotaire, grand sénéchal et grand chambellan n'étaient que de vains titres réservés aux principales familles sici-