‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 113 sur 352 · ROMAGNE · texte numérisé non relu

ROMAGNE

lieiines ou aragonaises. Néanmoins on voyait encore fonctionner les parlements nationaux, qui exposaient les besoins du pays et contre-balançaient ces vice-rois, lesquels restaient à peine assez de temps dans l'île pour la connaître et l'appauvrir. Pour comble de malheur, l'inquisition y fut établie en 1513 par Ferdinand le Catholique.

Dans la période de la prépondérance ecclésiastique, l'autorité jjontificale fut loin d'être despotique. Quant au spirituel, elle se trouvait non-seulement tempérée par les conciles, mais encore par le consistoire des cardinaux, dont il était d'usage de demander et de mentionner l'avis dans les affaires de la plus grande importance, même temporelles. Dans le conclave, on avait coutume d'imposer des conditions au pape en l'élisant, bien qu'on n'eût pas les moyens de les lui faire observer après l'élection. L'État, disputé, perdu, recouvré plusieurs fois, et qui s'étendait d'Ancône à Civita-Vecchia, de Bologne à Tcrracine, oufre Bénévent dans le royaume, et le comtat Venaissin avec la ville d'Avignon, en France, était partagé entre une infinité de seigneuries , de couvents , de communes , de prélats subordonnés uniquement à la suprématie papale, et par le fait indépendants dans la mesure de leur force. Or les barons que le municipe n'avait point entièrement soumis, comme il était arrivé dans la Lombardie, en combattant tantôt pour le pape, tantôt pour l'empereur, se maintenaient par les armes ou la trahison; car la main d'un prince électif et prêtre ne pouvait suffire pour réprimer leur turbulence (1).

Les papes, alors qu'ils sentaient l'Europe leur échapper, auraient pu embrasser l'Italie, en formant une confédération qui n'eût été inférieure à aucune puissance de l'Europe; mais ils n'étaient pas même à la tête de la Péninsule, et ne représentaient ni le parti guelfe ni l'indépendance. Impliqués dans les intérêts du pouvoir temporel depuis qu'il servait d'ai)pui à l'autorité spirituelle, et souvent occupés à procurer un état à leurs neveux, ils devaient nécessairement louvoyer; d'autre part, les conflits avec les princes affaiblissaient leur puissance spirituelle, toujours moins respectée, surtout dans la haute Italie (2). Il est vrai que

(t) Machiavel dit que, «depuis Alexandre, les potentats italiens, et non-seulement ceux qui s'appelaient potentats, mais les plus infimes barons et seigneurs, estimaient peu l'Église quant au temporel. » {Principe, XI.)

(2) François Sforza, dans une lettre, meUait E Firmano nostro, invita Petro et Paiilo.

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