‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 127 sur 352 · CHARLES VIII · texte numérisé non relu

CHARLES VIII

pour acquérir ce titre, Charles en avait beaucoup; mais il manquait du génie nécessaire pour combiner de vastes entreprises, et de la constance pour les poursuivre à travers les obstacles.

Comme descendant de Charles d'Anjou , il avait des prétentions à la couronne d'Orient et à celle de Naples (1). Ludovic le More caressa cette ambition de Charles, l'encourageant à conquérir le royaume de Naples pour s'en faire un poste avancé vers Constantinople, à nettoyer TEurope des Turcs et à rétablir Tempire d'Orient, entreprise , lui disait-il, aussi glorieuse que facile. Par Gênes, placée sous le haut patronage de la France et sous le domaine immédiat des Sforza, ensuite par laLombardie, il lui offrait un passage, avec promesse d'hommes, d'argent, de crédit; le pape le favoriserait pour se venger des Aragonais; les négociants florentins tiendraient pour la France, le centre principal de leurs opérations de banque; Venise se montrerait propice, et, dans le cas contraire,, la Turquie lui donnait assez d'occupation.

Les Sanseverino et autres barons de Naples réfugiés en France prodiguaient les excitations et les promesses, monnaie ordinaire des proscrits: (f Pouvait-il y avoir un plus beau prélude à la croisade contré les Turcs, que la conquête d'un royaume que la maison de France avait anciennement arraché aux Sarrasins, et dont l'avaient investie vingt- quatre fois douze papes et deux conciles généraux (2) ? »

(1) René le Bon, duc d'Anjou et comte de Provence, s'intitulait roi de Sicile, comme fils adoptif de Jeanne II. Par testament, il laissa à Charles , son neveu, la Provence et le royaume de Naples, et à Louis XI le droit de réunir à la couronne le duché d'Anjou ; Charles , en mourant, laissa à Louis XI toutes ses prétentions, et, par suite, le titre de roi de Sicile.

(2) Ces dernières raisons sont mentionnées par Charles VIII dans une proclamation que rapporte Burcardo, p. 20 19. On faisait circuler une prophétie où il était dit de Charles :

Jl fera si grant batailles , Qu'il subjuguera les Ytailles; Ce fait, cl'ilcc il s'en ira Et passera de là la mer ; Entrera puis dans la Grèce Où par sa vaillante prouesse Sera nommé le roi des Grecs :

En Jérusalem entrera Et mont Olivet montera.

Le traité fut conclu en France, au nom du More, par Charles de Barbiano,

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