MALFAITEURS
Bona, si jamais elle cause à sa mailresse le moindre désagrément. Cet acte est passé par des notaires , signé par le mari et plusieurs nobles et chevaliers milanais.
Cet exemple d'impudente dépravation n'est pas donné par des maisons plébéiennes, mais par des princes. En effet, la manière de vivre des bourgeois différait beaucoup de celle des seigneurs, dont plusieurs se tenaient encore dans leurs châteaux, pillant et se livrant aux plaisirs grossiers comme en pleine féodalité. Ainsi les Bolonais, en 1272, avaient battu les comtes de Mangona, qui dévalisaient les voyageurs dans les forêts de Ripaverde; mais, en 1391, dans le voisinage de leur ville, un grand nombre de châtelains vivaient encore de ce qu'ils volaient aux habitants de la campagne. Tel était le genre de vie du comte Garreto de Panico et de quelques autres, ses compagnons, qui faisaient bonne chère aux dépens des uns et des autres. S 'étant emparés d'un certain Mengoccio du Borgo, riche agriculteur, ils renfermèrent dans un cachot pour l'amener, à force de tortures, à payer une grosse rançon ; heureusement une vieille femme, s'étant aperçue de son enlèvement, en avertit ses parents, qui prirent les armes et coururent le délivrer. Le sénat bolonais ordonna que , dans le délai de quinze jours, tous les comtes , capitaines et autres nobles qui habitaient la campagne, et ne cultivaient pas eux-mêmes leurs propriétés, vinssent résider dans la ville avec leurs parents, sous peine de la confiscation des biens : mesure exorbitante qui atteste la gravité du mal , et qu'on restreignit ensuite aux familles dangereuses.
Un autre fameux malfaiteur fut Albert Gallucci , qui remplissait tout le Bolonais de ses crimes; bans publics, reproches de son père, d'amis, de religieux, rien ne put le faire rentrer dans le devoir. Il fut donc promis 1,000 florins d'or à quiconque le ferait prisonnier; tout banni qui lui donnerait la mort serait gracié, etsi quelque commune s'emparait de sa personne, elle devait jouir pendant vingt ans de l'exemption de tout impôt; quatre personnes, avec deux cents chevaux, furent chargées de le capturer, et l'on donna l'ordre aux communes de sonner le tocsin aussitôt qu'il se montrerait. Albert se réfugia sur la frontière, d'où, chaque jour, il faisait pire aux Bolonais. Azzo, son père,
mîsceat, sine speciall Ucentia in scriptis ; nec cum allô viro rem habeat, nobu excepils, il forte cum ea colis llbucrlt alltjitando. (Manuscrit des archives Trivulcieimes.)