MALFAITEURS
fut obligé de donner 2,000 livres comme garantie que son fils n'occasionnerait aucun dommage; puis, affranchi de cette caution à cause de sa grande vertu , il résolut d'en délivrer lui-même la contrée, parvint à l'arrêter et le livra aux magistrats pour que la loi fût exécutée. Le conseil, sous Tinfluence des faits exceptionnels de la cause, s'apitoyait à la vue des cheveux blancs du père, de la jeunesse inexpérimentée du fils, et voulait commuer la peine en prison perpétuelle; mais Azzo insista chaudement pour que la justice eijt son cours, et le coupable fut décapité en sa présence (1).
Nicolas m d'Esté, seigneur de Ferrare, voulant passer en France en 14.14, fut arrêté par le marquis Del Carretto, et n'obtint sa liberté qu'au prix d'une forte rançon. Galéas-JMarie Sforza, qui se trouvait en France à la mort de son père, apprit que les ducs de Savoie lui tendaient des embûches pour l'arrêter et le contraindre à leur céder quelque portion de la Lombardie; tantôt travesti, tantôt en se défendant dans une église, ou bien secouru par de fidèles serviteurs, il atteignit ses domaines après avoir échappé à de graves périls. Les Ubaldini comptent parmi leurs hauts faits beaucoup de vols commis dans les vais de Siove et de Santerno. Humberl de Campagnatico assaillait tous les amis de la république de Sienne; enfin quelques Siennois, déguisés en religieux, s'introduisirent dans son manoir et le tuèrent. Ghino de Tacco de Torrita, célèbre par la nouvelle de Boccace, de son château de Radicofani , molestait les voyageurs. Picciiiino garde rancune au Milanais Eusèbe Gaïmo, qui avait négocié le mariage de Blanche avec François Sforza, et le fait poignarder dans la cathédrale de Milan. Du reste, la cupidité des princes offrait aux seigneurs le moyen de se racheter de leurs crimes à prix d'argent; Lazzarone de la Rovere, seigneur de Vinovo, ayant tué en 1377 son cousin Florio, paya pour ce meurtre au comte de Savoie 3,000 florins, lui donnant en outre quittance de 4,000 autres qu'il lui devait.
En 133(5, Milan comptait quarante mille nobles, c'est-à-dire un sur vingt-cinq habitants; Florence, en 1336, sept mille cinq cents, ou bien un sur vingt individus; Venise, après l'annéelSOG, six mille cent cinquante-deux, ce qui faisait le vingt-deuxième de sa population ; mais le nom de noble était loin d'avoir la même signification dans ces divers pays. La démocratie , en gé-
(1) Ghikardacci, Si. di Bologna, à l'année 1313 =