‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 137 sur 352 · LES FRANÇAIS EXCITENT LE MÉCONTENTEMENT · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS EXCITENT LE MÉCONTENTEMENT

L'armée française^ qui n'avait rencontré aucune opposition, soit dans ces condottieri si vantés pour leur tactique et leur courage, soit dans les populations auxquelles elle enlevait leurs princes et leur indépendance, conçut d'elle-même l'opinion la plus favorable et méprisa les Italiens, de manière qu'elle ne témoignait à personne, ennemis ou amis, ni estime ni égards. Charles, tout occupé de joutes et d'intrigues amoureuses, négligea d'approvisionner les forteresses et de ramasser des vivres; il mécontentait les nobles en les dépouillant de la juridiction féodale, et, pour satisfaire les siens, qui demandaient toutes les charges, tous les titres, les fiefs, les gouvernements, il les enlevait aux légitimes possesseurs, de quelque parti qu'ils fussent. Les anciens partisans des Angevins avaient espéré des récompenses pour leur longue fidélité ; les fauteurs nouveaux croyaient les mériter en se hâtant de déserter la cause des Aragonais : mais les uns et les autres, méconnus par le roi et les siens, ne pouvaient faire valoir leurs mérites et les maux qu'ils avaient endurés; après s'être fatigués dans les antichambres, ils obtenaient à grand'peine une parole de l'inepte et frivole Charles. Ainsi tous souffraient également, spoliés, foulés aux pieds avec l'insolence d'une victoire iiidisputéo, tandis que les conquérants, énervés par les voluptés et rassasiés d'or, aspiraient à rentrer dans leur patrie pour raconter leurs exploits : chose qui, pour des Français, n'est pas moins importante que de les accomplir.

L'opinion revenait donc à Ferdinand II, à qui l'on n'avait pas de crime à reprocher; tous le regrettaient , beaucoup s'insurgèrent en sa faveur, au point qu'il tenta quelques débarquements. En attendant, de mauvaises nouvelles arrivaient de toutes parts au quartier général de Charles, qui put apprendre qu'urie

l'autre, « Du Français logé dans l'auberge du Lombard. » Dans celle dernière, on voit d'abord l'aubergiste lombard calculant et supputant avec sa note à la main ;

Cinque per cinque vinte cinque, Sei per sei trcnta e soi, Septe per septe quaranta e nove, Octo per octo sexanta e quatro, Ho guadagnato in otto mesi Solameiite a logiar Franccsi A centenara de fiorini, etc.

Poésies françaises d'^lione d' Àsli, composées de 1194 à 1520, publiées par 0. J. Brunet; Paris, 1836.

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