‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 152 sur 352 · MAGNIFICENCE DE LUDOVIC LE MORE · texte numérisé non relu

MAGNIFICENCE DE LUDOVIC LE MORE

et parfois 700,000 (1). Ludovic, selon la coutume du temps, protégeait les lettres et réunissait autour de lui des talents de premier ordre : le musicien Franchino Gaffuri, de Lodi; les littérateurs Emile Ferrari, de Novare; Gabriel Pirovano et AmbroiseVarèse, médecins et astrologues; George Merula, d'Alexandrie ; Alexandre Minuciano , de la Fouille. Le dernier établit à Milan une imprimerie dans sa maison, et fit paraître, à ses frais, Horace, et, pour la première fois, toutes les œuvres de Cicéron, de même que Denis Nestor y imprima un dictionnaire latin. André Cornazano, qui célébra en ter sine l'art militaire, l'historien et jurisconsulte Donat Bossi , Pontico Virunio (Louis de Ponte), érudit et mathématicien, Antoine Fileremo Frégose, de Gênes, Gaspard Visconte , Nicolas de Correggio , louaient àl'envi le prince, auquel, de Florence, applaudissait Ange Politien. Jacques Antiquario, de Pérouse, fameux latiniste, lui servait de secrétaire ; il avait pour capitaine de ses troupes André Baïardo de Parme, auteur du roman Adriano e Narcisa, et de beaucoup de poésies en langue vulgaire. Luc Paciolo lui adressait ses œuvres mathématiques «pour l'ornement de sa très-digne bibliothèque, composée d'une multitude innombrable de volumes en tous genres de belle doctrine » . Le Florentin Bernard Bellincioni était son poëte lauréat, et il avait pour historiens Bernardin Corio et Tristan Calco, tandis que Nicolas Scillacio, de Messine , racontait le voyage de Christophe Colomb, que Guillaume Como lui avait transmis en espagnol (149 i) . Il ouvrit un théâtre, forma une académie de beauxarts et de sciences, agranditles bâtiments de l'université de Pavie, et jeta les fondements du lazaret de Milan, probablement sur les plans de Bramante. Cet artiste, qu'il avait attiré près de lui moyennant un salaire de 5,000 ducats, construisit la tribune et la coupole délie Grazie, le vestibule de Saint-Celse, la sacristie de Saint-Satyre, le cloître de Saint-Ambroise. En même temps, Léonard de Vinci, qui recevait 2,000 ducats par an, peignait son admirable Cène dans le réfectoire des Grazie , modelait le colosse équestre de François Sforza, appliquait dans le nouveau canal de la Martesana les soutiens que nous appelons conques, et fondait une école de peinture, d'où sortirent les Luini, César de Sesto, Marc d'Ogionno, Lomazzo, Salaini, Boltraffi.

« Ce glorieux et magnanime prince fit orner, à Milan, le châ-

(1) Livre VII, ch. 3. Et de ce que contient ceste duché, je ne veiz jamais plus belle pièce de terre, ne de plus grant i/alleur.

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