‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 154 sur 352 · TRIVULCE · texte numérisé non relu

TRIVULCE

qui avait le premier formé les arquebusiers à cheval; Barthélémy d'Alviano des Atti de Todi^ Paul Vitelli de Gività de Castello, et son frère Vitellozzo. Ludovic devait s'appuyer sur eux ; mais les Romagnols étaient contraints de rester dans leurs forteresses pour se mettre à l'abri des attaques du pape, qui s'obstinait à détruire ces opiniâtres châtelains. Parmi ses alliés, Maximilien était occupé contre les Suisses, et puis quel secours en espérer ? Frédéric de Naples songeait à réparer ses désastres. A défaut des chrétiens, il a donc recours aux Turcs, et fait appel à Bajazet II, dont il excite les soupçons contre Venise et la France. Bajazet envoya dans le Frioul Scander, pacha de Bosnie, qui dé- 20scpienibre y^sta le pays jusqu'à la Livenza, faisant un grand nombre de prisonniers ; mais, comme il s'en trouvait embarrassé quand il repassa le Tagliamento, il choisit les plus robustes et massacra les autres. Ludovic, ce perpétuel agitateur de l'Italie, n'en devint que plus odieux, et la nouvelle que les Français arrivaient en grand nombre fut accueillie avec joie.

Parmi les condottieri milanais, les plus renommés étaient les del Verme et Trivulce. Jacques del Vernie, que nous avons vu (chap. cxii) se signaler au service de Cane Signorio, puis de Jean-Galéas, dont il fut la main droite, en obtint en fief d'immenses possessions dans les Langhe, le Placentin, le Pavesan, le Véronais, le Vicentin ; Plaisance, Milan, Pavie et Vérone se disputèrent l'honneur de donner le droit de cité à cette famille. Louis, son fils, déploya du courage au service de Venise et de Florence ; de la république ambrosienne, il passa sous les drapeaux de François Sforza, et joignit de nouveaux fiefs à ceux de ses pères. Son fils Pierre obtint des honneurs et des charges des Sforza ; mais Ludovic résolut de le tuer, soit par jalousie, soit pour s'emparer de ses vastes domaines qui l'égalaient à un souverain; en effet, il mourut empoisonné en 1485, et le fisc s'empara de ses terres. Marc-Antoine, son fils, fut condamné à mort comme rebelle ; mais, à l'approche des Français, Ludovic, afin de le gagner, lui restitua ses biens, et Marc-Antoine leva des troupes pour le secourir (1).

Il lui restait un terrible adversaire dans Jean-Jacques Tri-

(1) Pour ce fait, les Français voulurent le considérer comme rebelle. Il s'agita dans toutes ces guerres jusqu'à ce que Charles-Quint le confirmât dans ses biens et privilèges : il mourut en 1538. Son frère Frédéric combattit également les Français, et, après de longs malhsurs, il obtint le comté de Bobbio.

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