‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 16 sur 352 · MOI':URS DES NOBLES · texte numérisé non relu

MOI':URS DES NOBLES

ni la justice ni l'injustice, et peu d'hommes intéressés à défendre Tordre public. Le gros de la population se soumit sans peine à des pouvoirs qui, en assurant sa tranquillité, lui permettaient de se livrer à son industrie; mais les familles aristocratiques regrettaient l'autorité perdue, et ne souffraient pas que d'autres exerçassent la tyrannie qu'elles auraient voulue pour elles. Après avoir servi quelque seigneur comme mercenaires, les individus mettaient leur confiance dans la force brutale de Tépée; dès lors comment le sang aurait-il inspiré de l'horreur, quand la loi et les tyrans eux-mêmes le versaient avec profusion?

De là des tentatives aussi fréquentes que mal secondées, qui n'avaient d'autre issue que la honte et les persécutions. L'insurrection de Cola Rienzi fut bientôt imitée à Rome par Forçai i. A Milan, deux conjurations coûtèrent la vie aux princes, sans produire un effet durable ; il en fut de même de la conspiration des Pazzi, et celle des barons dans le royaume eut un résultat pire encore. A Bologne, les Canedoii, rivaux de leur bienfaiteur Annibal Bentivoglio, non moins puissant en Romagne que Laurent de Médicis dans la Toscane, forment un complot, sont découverts, pendus ou bannis. Le Florentin Bernard Nardi occupe Prato afin d'en faire la place d'armes des républicains; mais, resté sans appui, il est pris et condamné à mort avec beaucoup d'autres. Nicolas d'Esté envahit Ferrare pour recouvrer la puissance paternelle; mais le peuple ne le seconde pas, et Hercule d'Esté le fait pendre avec vingt-cinq de ses complices. Jérôme Gentile tente de soulever Gênes contre Milan , et perd la vie. Jérôme Riario, seigneur de Forli et d'Imola, tombe sous le poignard dans son palais. Biordodes Michelotti est tué à Pérouse; les habitants attaquent les meurtriers, brûlent l'abbaye de Saint- Pierre, où la trahison avait eu lieu, et font peindre les traîtres aux portes et au lupanar. Ces fréquents attentats excitaient la défiance des tyrans et les rendaient pires ; les supplices cruels qu'ils infligeaient à leurs ennemis personnels semblaient justifiés par la nécessité de se défendre.

Leur existence est un tissu de faits encore plus honteux qu'horribles; ils manquaient de foi avec impudence, et l'on applaudissait à leur trahison si elle réussissait. Nous avons vu celle dont fut victime Barnabe Visconti. Paul Fregoso , cardinal-archevêque de Gênes, invite à dinerle doge, son neveu, avec sa femme et ses enfants, les fait arrêter et mettre à la torture jusqu'à ce que le doge donne l'ordre de lui hvrer les forteresses. Oldrado,

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