‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 163 sur 352 · ROMAGNE. 2T:.Î · texte numérisé non relu

ROMAGNE. 2T:.Î

à Camerino, Guidobaldo de Montefeltro entre la Toscane et les Marches, Vitellozzo Yitelli à Cività de Gastello. Jean de la Rovère, seigneur de Sinigaglia, attendait en héritage le duché d'Urbin; Pesaro avait pour seigneur Jean Sforza, de la branche cidette de la famille de Milan, et mari divorcé de Lucrèce Borgia; à Rimini, déchue de son ancienne prospérité, Malatesta, sous prétexte de service, se couvrait de la protection des Vénitiens, comme le faisaient également Astorre Manfred, seigneur de Faenza et du val de Lamone, et d'autres petits princes sur les côtes de l'Adriatique. Hercule, duc de Ferrare, ne se regardait pas comme dépendant du pape, bien qu'il s'intitulât son vicaire. Les Baglioni se virent tour à tour gratifiés et dépouillés par les papes de Spello, Bettona, Montalera et d'autres châteaux; ;s Pérouse, ils ne jouissaient pas de la seigneurie, mais de l'autorité des plus forts, et, si les légats pontificaux cherchaient toujours à l'affaiblir, Jean-Paul la soutint avec énergie.

Bologne avait été enlevée aux papes par Nicolas Piccinino, qui , méditant d'en faire la capitale d'un Etat propre, y rétablit les anciennes formes et lui donna pour commandant son fils François. La famille Bentivoglio, qu'il avait rappelée de l'exil, occupa bientôt la première place dans l'affection des Bolonais ; François, servi par la trahison, si commune alors, fit arrêter Annibal Bentivoglio avec d'autres chefs et l'enferma dans Vérone. Galéas IMarescotti le délivra, et, après avoir soulevé Bo- ivi3 logne, il le fit mettre à la tête du gouvernement; les Vénitiens et les Florentins le soutinrent contre Eugène IV et Philippe- Marie Visconti. Annibal chercha, au moyen des bienfaits et du pardon, à se concilier ses adversaires et surtout les Canedoli ; mais, loin de répondre à ses avances, les membres de cette famille tramèrent un complot avec Visconti, et, après avoir invité Annibal à tenir un de leurs enfants sur les fonts baptismaux, ils regorgèrent à l'église avec tous les Bentivoglio. Les Bolonais, qui l'aimaient pour ses vertus et comme restaurateur de la république, assaillirent et tuèrent les Canedoli avant l'arrivée des secours promis par Philippe -Marie; puis ils allèrent chercher à Florence Santi Cascese, bâtard de cette famille, lequel , en qualité de tuteur du fils d'Annibal, gouverna pendant seize ans, honoré et chéri de tous. Jean Bentivoglio parvint ensuite au pouvoir; allié à des maisons princières, il éblouissait par l'éclat de sa cour et la magnificence des arts à la manière de Laurent de Médicis, dont il n'avait pas sans doute la culture

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