‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 165 sur 352 · RIMINI. IMOLA. FAENZA · texte numérisé non relu

RIMINI. IMOLA. FAENZA

raient charger sur leur dos ; puis, ayant de nouveau fermé les portes, il excita ses goujats à tenter Fescalade. Ces misérables, munis de cordes et d'échelles, se rapprochèrent alors des murailles, qu'ils franrhirent, et se mirent à piller, au grand divertissement du duc et de ses soldats ; mais, si l'on songe au désespoir des victimes, on aura une preuve nouvelle que les cruautés se considéraient alors comme de règle parmi les troupes. Guidubaldo, qui lui succéda jeune encore, suivit ses traces. if,82

Sigismond Malatesta, lascif, fourbe, cruel , hérétique même, acquit par son courage de vastes possessions ; mais il finit par les perdre, et ne conserva que Rimini qui, après sa mort, fut gouvernée par Isotta, sa concubine d'abord, puis sa femme renommée. Robert et Salluste, ses bâtards, aspiraient à devenir seigneurs de cités; en attendant, ils se mirent à la solde du pontife, jusqu'au moment où Robert s'empara de Rimini. Il fit alHance avec Ferdinand de Naples, et, secouru par Florence et Milan, il recouvra quarante châteaux. Il livra de rudes batailles et combattit dans toutes les factions d'alors pour ramener des villes sous l'autorité du pape. Il eut pour successeur Pandolphe, son fils naturel, qui ternit l'éclat de sa maison.

Le pape Sixte IV avait donné Imola et Forli à Jérôme Riario, qui les fit prospérer et les embellit ; mais sa conduite déplorable amena la révolte du peuple, qui, après l'avoir égorgé, traîna son cadavre dans les rues. Sa femme Catherine, fille naturelle i;,8s de Galéas Sforza, se défendit dans la forteresse avec un courage viril ; comme les rebelles menaçaient de tuer ses enfants si elle ne la rendait pas, elle répondit qu'ils pouvaient le faire, car elle en avait un à Imola et un autre dans le ventre (1). Bientôt arrivèrent Jean Bentivoglio avec les Bolonais, et Jean Sanseverino avec les Milanais, qui soumirent les deux villes, où ils proclamèrent Octavien, fils de Riario.

La même année, Galeotto Manfred, seigneur de Faenza, ap- })elé dans la chambre de sa femme qui feignait d'être malade, fut égorgé par des sicaires. Jean Bentivoglio, père de la coupable, accourut en armes pour assurer la succession à son fils Astorre ; mais les Florentins, dans la crainte qu'il ne s'emparât de la ville pour son compte, excitent le peuple, qui fait prisonnier Bentivoglio lui-même. Quinze mille Bolonais s'arment aussitôt

(1) Telle est la réponse que lui allribucnt la plupart des contemporains, taudis que Machiavel et d'autres lui prêtent des pai-oles grossières.

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