‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 169 sur 352 · LUTTES D'ALEXANDRE VI · texte numérisé non relu

LUTTES D'ALEXANDRE VI

se ralliaient aux premiers , les Savelli et les Conti aux seconds ; du reste, les uns et les autres exerçaient leur valeur dans des vengeances privées, quand ils ne pouvaient la vendre à des étrangers. Les papes, devenus trop faibles, excitaient les uns contre les autres; car, quel que fût le parti vaincu, ils accroissaient leur pouvoir. Sixte IV et Innocent VIIl, le premier, ennemi des Colonna, et l'autre, des Orsini , avaient affaibli ces deux familles; néanmoins Paul, Virginie et Nicolas Orsini^ comte de Pitigliano, d'une part, et, de Tautre, Fabrice et Prosper Colonna, avec Antoine Savelli , étaient des capitaines renommés et recherchés à l'envi par les puissants.

Alexandre VI , animé d'une résolution plus énergique, résolut de briser ces obstacles. Au milieu des haines, des désordres, du mécontentement populaire, il espéra rivaliser avec Sixte IV et Louis XI, et réduire les petites souverainetés à une seule, comme le comportait l'ordre de choses qui avait succédé à celui du moyen âge. Dans ce but, il songea à s'appuyer sur la faveur populaire, parce que, comme le disait son fils : Qui veut dompter les grands doit faire beaucoup pour les petits. Des inspecteurs furent nommés pour recevoir les plaintes des citoyens détenus injustement; puis quatre juges eurent mission de rétablir l'autorité de la justice dans Rome, où, tant qu'il occupa le siège pontifical , on ne souffrit jamais de la faim , et jamais Tartisaiî ne fut fraudé de son salaire.

Heureux s'il n'eût employé que de pareils moyens! mais il pensa que les perfidies et les cruautés étaient permises pour arriver à ses fins. Il vendit son alliance aux puissants moyennant des mariages et de l'argent ; il sema la zizanie parmi les petits seigneurs, afin de les opprimer désormais, et, sous le prétexte que les Orsini avaient favorisé Charles VIIl, il emprisonna Paul et Virginio. Mais le condottiere Barthélémy d'Alviano, leur élève, rassembla des soldats et des vagabonds, auxquels il fournit les chevaux indomptés qui erraient dans les campagnes de Rome ; après les avoir armés comme il put , il tint tête aux papalins et aux Colonna Bracciano, Anguillara, Trevigiano , jusqu'au momement où Vitellozzo Vitelli accourut avec d'autres bandes de vassaux accoutumées à vaincre sous son père et ses frères.

Le pape leur opposa le vaillant Guidubaldo d'Urbin et François, duc de Candie ; mais, lorsqu'ils eurent perdu à Soriano une bataille rangée, où le premier fut pris et l'autre blessé, il consentit à la paix. Dans l'impossibilité de faire à ce duc de Can-

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