‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 170 sur 352 · CÉSAR, DUC BE VALENTINOIS · texte numérisé non relu

CÉSAR, DUC BE VALENTINOIS

die, son fils, une seigneurie sur les domaines de ses adversaires, il érigea pour lui Bénévent en duché, Terracine et Pontecorvo on comtés; les cardinaux, excepté un, approuvèrent en consistoire , dans l'espoir d'être récompensés par des bénéfices et des complaisances. Mais, quelques jours après, un pêcheur voyait jeter un cadavre dans le Tibre; interrogé pourquoi il ne l'avait pas dit immédiatement, il répondit : J'en vois continuellement un si grand nombre/ C^était le duc de Candie, que son frère César, cardinal , avait tué, dit-on , par jalousie des faveurs de son père, ou de celles de Lucrèce, sa sœur.

A cet avertissement de Dieu , le pape versa des larmes , se repentit, mais pour reprendre bientôt ses habitudes, et César, le fils qui lui restait, lui fit concevoir de plus hautes espérances. Ce héros du crime avait-il besoin d'argent , il envoyait assassiner quelqu'un , et personne n'osait demander justice dans la crainte d'être sa victime ; ayant tenté vainement d'empoisonner un de ses beaux-frères, il entra dans sa maison et le fit étrangler ouvertement; à côté du pape lui-même il égorgea son favori Peroto. De pareils excès, qui ne pouvaient s'accomplir que là où les deux pouvoirs se trouvaient réunis, faisaient sentir combien Ton avait eu raison de prescrire le célibat, si le fils d'un prêtre osait tant.

Louis XII de France désirait rompre son premier mariage et faire obtenir le chapeau de cardinal à Georges d'Amboise, son ministre ; le pape expédia ces deux faveurs par l'intermédiaire de César. Il se rendit dans ce pays « avec une si grande pompe de richesses et d'ornements qu'il semblait avoir presque surpassé en magnificence le faste et la grandeur de la cour royale (Nakdi). ); Les chroniqueurs français ne cessent pas d'admirer, avec le luxe de ses 'gens et de son cortège nombreux , sa personne toute resplendissante de pierreries, son cheval ferré d'or, outre de riches ornements d'or et de perles. César obtint en récompense le duché de Valentinois, une compagnie de cent hommes, vingt mille livres par an, et la promesse d'un beau fief dans le Milanais, aussitôt qu'il serait conquis.

Alors il déposa la pourpre souillée pour déshonorer le nom de duc de Valentinois; s'appuyant entièrement sur la France, la prospérité de Louis servait à son agrandissement, et ce roi déclarait qu'il regardait comme personnelle toute injure faite au duc. En répétant : Ou César, ou /-/en/ Borgia espérait se former une seigneurie indépendante au milieu des petits princes qui se

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