LOUIS XII ET FERDINAND LE CATHOLIQUE
voies ordinaires de la légalité; effrayé lui-même, il acheta la protection de Louis XIT.
Florence était affaiblie par sa malheureuse guerre contre Pise, qu'elle n'avait jamais pu subjuguer, par la douteuse amitié du roi de France, par la rivalité de tous ses voisins qui conspiraient sa ruine, et par les intrigues des Médicis qui machinaient toujours leur rétablissement. Accusée d'être la cause des désastres français et d'avoir laissé dépérir son armée, victime des privations, elle refusa d'en soudoyer une autre pour le printemps à venir, et, faute d'argent, elle conclut une trêve avec ses voisins. Aussitôt le duc de Valentinois acheta les bandes qu'elle venait de congédier, en faisant courir le bruit qu'il devait aider, dans l'expédition de Naples, le roi Louis dont il rejoindrait l'armée à Piombino. Il demanda donc le passage à Florence, et, sans attendre sa réponse, il entra sur son territoire; puis, excité par Vitellozzo Vitelli, qui l'accompagnait avec le désir de venger le supplice de Paul, il voulait qu'on lui livrât six citoyens coupables de cette mort, et qu'on rétablît les Médicis, seule administration digne de confiance. Les Florentins se recommandèrent à la France , qui, à titre d'alliée , enjoignit au duc de Valentinois de les respecter; il se retira donc, se contentant d'exiger qu'ils lui payassent pour trois années , comme étant à leur solde, 56,000 ducats. Tl assaillit alors la principauté de Piombino, occupée par Jacques d'Appiano, la dévasta et prit même le château, ayant ainsi un pied en Toscane, conquête dont le pape fut si joyeux qu'il vint en personne pour jouir de ce triomphe.
Louis XII, qui ne puisait aucune leçon dans le sort de son prédécesseur, songeait à Naples, où les Français avaient une honte à effacer; mais, au lieu d'accepter les offres généreuses de Frédéric II, il préféra traiter avec Ferdinand le Catholique.
L'Espagne, depuis sa conquête par les Arabes en 711, avait combattu sept siècles pour s'affranchir de la servitude étrangère; elle se trouvait donc divisée en autant de royaumes qu'avaient pu en créer la valeur et la constance patriotique ou religieuse. Ces royaumes se concentrèrent peu à peu, et finirent par se réduire à quatre, lesquels, par le mariage d'Isabelle de Gastille et it,c9 Léon avec Ferdinand d'Aragon , se fondirent en un seul. L'union permit de compléter la victoire sur les Maures à Grenade; Feria92 dinand put constituer l'unité politique en Espagne avant tout autre gouvernement d'Europe, et plus complètement que la