‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 177 sur 352 · TRAHISONS DE BORGIA · texte numérisé non relu

TRAHISONS DE BORGIA

flans l'espoir d'obtenir la tranquillité. Les soldats passent au service du duc de Valentinois, qui trouve dès apologistes et des panégyristes. Bologne lui promet pour huit ans 12,000 ducats d'or, cent hommes d'armes et deux cents arbalétriers à cheval ; Pise, incapable de résister plus longtemps à Florence , se résout à se donner à lui. Après s'être emparé de Pérouse et de Sinigati\m par des moyens infâmes, Borgia jette les yeux sur Sienne, et cherche à se débarrasser de Pandolphe Petrucci , l'âme de la ligue ennemie, et qui avait eu de la peine à échapper auguetapens de Sinigaglia.

L'impudence avec laquelle le duc César s'ouvrait à Machiavel cause plus d'effroi que ses crimes : « Les individus qui étaient « les ennemis communs de tes seigneurs et les miens sontenpar- « tie morts , en partie prisonniers , en partie fugitifs ou assié- « gés dans leurs foyers: parmi ceux-ci se trouve Pandolphe « Petrucci, qui doit être le dernier obstacle pour notre entrece prise et la sûreté des États communs. Je ne regarde pas com- « me difficile de l'expulser de Sienne , mais je voudrais l'avoir c( entre mes mains, et, dans ce but , le pape songe à i'endormir « par des brefs, en lui montrant qu'il lui suffit de lui voir pour « ennemis ses ennemis. En attendant, j'avance avecl'armée, car « il est bien de tromper ces hommes qui sont passés maîtres en « trahison. Les aml)assadeurs de Sienne , qui sont venus me « trouver au nom de la balia, m'ont fait de belles promesses, et « je les ai assurés que je n'en veux pas à leur liberté, mais que «mon seul désir est qu'ils chassent Pandolphe. Ils devraient « avoir quelque confiance d'après ce qui s'est passé pour Cas- « tello et Pérouse, que j'ai remis à l'Église sans vouloir les ac- 0 cepter. Le maître du logis, qui est le roi de France, ne verrait « pas de bon œil que je prisse Sienne pour moi, et je ne suis pas « si téméraire que d"y songer. Cette commune doit donc me « croire quand je lui dis que je ne veux rien de ce qui lui ap- « partient, mais seulement chasser Pandolphe. Je me persuade « que cette commune de Sienne me croira ; mais si elle ne me « croit pas, je suis prêt à marcher en avant, à mettre l'artillerie « à ses portes, et à ï-àiTeVultimakim depotentia^ow le chasser. « Après avoir enlevé leurs armes à mes ennemis, je leur enlèverai « encore la cervelle, qui consiste tout entière dans Pandolphe et « ses manèges. Je crois vraiment que, si j'avais promis, il y a un an, « à la seigneurie de Florence de faire disparaître Vittellozzo et « Uliverotlo, d'abattre les Orsini , de chasser Jean-Paul et Pan-

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