‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 184 sur 352 · SYSTÈME MILITAIRE. «JEHRE DE USE. JULES H. LIGUE TE CAMBRAI · texte numérisé non relu

SYSTÈME MILITAIRE. «JEHRE DE USE. JULES H. LIGUE TE CAMBRAI

Machiavel se présente à nous sous un autre aspect^ c'est-à-dire comme maître de tactique. Nous avons parlé ailleurs (ch. cviii, cxv) des améliorations que les bandes avaient introduites dans la science militaire : plus tard, les bouches à feu amenèrent des changements dont il était difficile d'apprécier la portée, et les courtoisies chevaleresques succombaient sous un art tout positif; mais l'ancien et le nouveau se trouvaient en face, sans que l'un prévalût sur l'autre. L'infanterie helvétique, serrée en bataillons carrés de trois ou quatre mille hommes, avec des piques de six mètres, des espadons à deux mains , peu d'armes défensives et peu à feu, présentait une haie infranchissable à la cavalerie, et produisait une forte impression sur l'armée ennemie : mais les Suisses, quand ils étaient obligés de combattre par détachements, perdaient courage ; dans les affaires de poste, dans les sièges ou les assauts, ils valaient peu de chose, et, une fois rompus, ils parvenaient difficilement à se rallier.

Les Espagnols, dans leurs luttes de sept siècles contre les Maures, avaient acquis ce courage que rien ne saurait mieux inspirer que la guerre de bandes. Lorsqu'ils sortirent de leur

zini, dans les Ricordi ni glovani , écrivait en 1848 : « Et que pourrons-nous <c puiser dans l'œuvre de Machiavel , si ce n'est la connaissance des pratiques « ténébreuses des méchants, alin de les fuir et de les éviter .►" Je dis que les « peuples se retrempent dans la vertu, se régénèrent par l'amour, deviennent ■( grands et puissants par la religion de la vérité, lorsqu'ils peuvent regarder <i avec confiance dans les nations et leur propre conscience, et diie : Notre vie « Cil une sainte bataille, et notre mort un martyre. Je dis que la moralité est H l'âme des grandes entreprises ; que la tromperie, bonne pour corrompre, di- ■ viser, entraver, est favorable aux maîtres , mais impuissante à mouvoir, à « produire, à créer, et devient fatale aux serfs qui veulent s'affranchir et redeti venir hommes. Je dis qu'aucun peuple n'a acquis l'indépendance et l'unité de « nation, qu'aucune grande idée ne s'est incarnée dans les faits , qu'aucun ac- ' croissement réel de puissance et de liberlé ne s'est ajouté au développement « d'une race mortelle par des artifices machiavéliques. »

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