ARMÉES ÉTRANGÈRES ET ITALIENNES
pays affranchi de la domination étrangère, pour molester l'Europe, ils étaient réputés les premiers fantassins après les Suisses; on les plaça même au-dessus dès qu'ils eurent appris de ces rivaux, en Italie, à former des bataillons serrés et autres améliorations. Très -sobres, ils ne se laissaient abattre ni par la souffrance ni par la fatigue. Ils avaient pour armes offensives la hallebarde la pique, Vépée, le poignard ou la dague ; mis en désordre, ils revenaient à la charge individuellement, et, couverts du brochello ou cape de mailles, ils se glissaient un à un parmi les piques , afin de poignarder leurs adversaires. Comme l'éloignement de leur pays rendait la désertion difficile, et ne permettait guère aux princes de les congédier après la campagne, ils se fortifiaient dans la discipline et les exercices militaires.
Les Français, durant la guerre avec les Anglais, assignèrent une paye aux soldats, réforme importante. Charles VII introduisit les gens d'armes, première armée permanente, avec une organisation qui fut ensuite imitée par les autres puissances.
La cavalerie légère, comme corps distinct, ne commença à devenir importante que lorsque Louis XII prit à sa solde les Stradiots, cavaliers grecs, qui portaient un morion sans crête ni visière, une cotte de mailles, l'épée, la masse, un long bâton ferré aux deux bouts. Parfois encore ils combattaient à pied. Habitués à la férocité des guerres turques, ils ne faisaient point de quartier. Ils se mettaient au service des Vénitiens, dont ils recevaient un ducat pour chaque tête qu'ils apportaient, et des Napolitains, qui les recrutaient parmi les Albanais établis dans le royaume (1).
Les cavaliers allemands ou reîtres, outre qu'ils étaient mal armés, n'avaient qu'un seul cheval, de manière qu'ils arrivaient fatigués sur le champ de l)ataille, et ne pouvaient résister aux gens d'armes italiens et français. Les lansquenets, introduits sous l'empereur Maximilien, étaient armés et organisés comme les
(1) (cLes Stradiots sont des soldais à pied et achevai, vêtus comme les Turcs, saut'la tête, qu'ils ne couvrent pas de turban : gens durs et qui dorment en plein air toute l'année , eux et leurs chevaux. Ils étaient tous Grecs et venaient des pays occupés par les Ycniliens , les uns de Napoli de Honianie en Morce, les auties d'Albanie vers Durazzo ; ils ont de bons chevaux, et tous de Turquie. Les Vénitiens s'en servent beaucoup et ont confiance en eux ; ils sont braves et l'ont de grands ravages dans un camp lorsqu'ils s'y jettent. i> (Comixfs.)