‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 187 sur 352 · PISE · texte numérisé non relu

PISE

Néanmoins, comme philosophe politique il eut le mérite de vouloir constituer des armées nationales; ])ien plus, sans se borner à de pures améliorations dans la tactique, il manifesta le désir d'opposer au triste spectacle des mercenaires la force morale des Italiens, pour qu'ils pussent donner la preuve que leur an-, cienne valeur n'était pas éteinte. En effet, sur ses instances, la Seigneurie arma dix mille campagnards, avec un uniforme blanc et rouge, des armes et des instruments de musique à la manière des Suisses et des Allemands; ils étaient exercés les jours de fête dans leur commune, et passés en revue deux fois par an. Non-seulement ils coûtèrent moins que les troupes soldées, mais ils les surpassèrent en discipline.

Ce fut avec ces milices que Florence continua sa malheureuse guerre contre Pise, ville qui, durant quatorze années de lutte, prouva que près d'un siècle de servitude n'avait éteint ni son courage ni sa persévérance. Florence, qui s'obstinait à vouloir la posséder, employait dans ce but Inhabileté de Léonard de Vinci et de Julien de Sangallo. Un pont de barques fut construit pour empêcher l'arrivée de tout secours par mer, et l'on creusa un fossé pour détourner l'Arno ; mais une crue rompit la digue et fit déborder le tleuve sur la campagne florentine. Alors, comme Gapponi l'avait fait autrefois, on bloqua Pise, en fermant avec des navires et des batteries les bouches de l'Arno,

mais, si ce recrutement était conforme à la constitution de cette ville, il ne pouvait s'effectuer en Italie. Ses assertions sur le peu de sang qui se répandait dans les batailles sont au moins exagérées ; il prétend qu'il ne mom'ut personne à la Molinella, tandis que Sahellico appelle cette bataille très-sanglante ; dans celle d'Angliiari , qui , selon lui , ne fut pas ensanglantée , Graziani assure , dans la Clironicjtie pcroiislne, qu'il périt beaucoup de monde ; Biondo, contemporain et secrétaire du pape, affirme que le duc eut soixante morts et quatre cents blessés , et la ligue deux cents morts dans la mêlée et dix après , outre six cents blessés. L'opinion de la supériorité de l'infanterie était déjà assez commune ; Daniel de Ludovisi, dans sa Relation de. l'empire ottoman au sénat vénitien , du 3 juin 1534, dit : << Les armes, en tout temps, ont été mieux et plus utilement <c employées par l'infanterie que par la cavalerie, ce qui a été reconnu en di- « vers temps et en divers lieux, surtout chez les Romains. Si, dans des temps « plus rapprochés des nôtres, les hommes d'armes ont été préférés en Italie , il « faut l'attribuer au mauvais esprit et au vouloir pervers des condottieri, qui, « en rabaissant l'infanterie et en enlevant aux princes les braves gens, attiraient « toute la réputation aux hommes d'armes pour se faire les arbitres de l'Italie ; « ce qui fut pour elle une cause de ruine, de désolation et en grande partie de « servitude. »

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