GONSALVE DE CORDOUE
résister (1), contraignit à se rendre les deux châteaux de Naples, qui furent abandonnés au pillage. Quelques soldats étant venus trouver Gonsalve pour se plaindre qu'ils n'avaient rien eu, il leur dit : Eh bien , dédommagez-vous-en en saccageant mon palais, c'est-à-dire celui dans lequel il s'était logé ; ce qu'ils tirent.
Louis XII, irrité de se voir enlever ce royaume, assaillit l'Espagne, tandis qu'il envoyait en Italie Louis de la Trémouille avec les plus grandes forces que jamais la France eût armées; il les fit même appuyer par des Suisses et des Italiens commandés par ce
(1) Nous ne croyons pas qu'il en fût l'inventeur, comme on le dit généralement. Philippe de Mézières, né en Picardie en 1312, soldat quelque temps en Sicile, puis chanoine d'Amiens, fit le voyage de la Palestine, devint chancelier du roi de Chypre, puis conseiller de Charles V de France ; enfin il se retira aux Célestins, où il mourut en 1405. Parmi ses autres ouvrages restés manuscrits, il en est un intitulé Nova religio militiœ passionis J.-C. pro acquisitione sanctœ civitatis Jérusalem et Terrce sanctœ , qui renferme les statuts d'un ordre qu'il se proposait d'établir pour la délivrance des saints lieux. Un chapitre est intitulé : De diversitate muUipUci iiigeniorum ad obsidendum civitates, castra et fortalicia inimicorum fidei, super faciem terra', in aqua, in aère et subtiis terram, tant in ingeniis virtute propria et artificiali lapides projicientibiis, quant ingeniis virtute piilvcris et ignis projicientibus. Là se trouverait la poudre, employée déjà pour les bombardements et les mines avant le quinzième siècle.
Puis, en 1403, un Pisan banni fit connaître aux Florentins une porte, murée des deux côtés , qui se trouvait dans les murailles de Pise ; l'ingénieur Dominique de Florence proposa de la remplir de poudre, laquelle, en éclatant, devait ouvrir une brèche. Les Pisans en furent informés, et prirent des mesures pour s'y opposer.
Cornazzauo, poète milanais, disait vers l'an 1480:
Chi le muraglie ruinar sol cura,
Cava fin sotto a' fondamenti d'esse,
E li sospende con intravaiuia.
Poichè gran parte in su colonne messe,
Dà sotlo travi fuoco, e lui fuor viene :
Cascan le mura allor sbandate e fesse.
Ici il n'est question que des mines comme les prati(piaient les anciens ; mais François Martini et Léonard de Vinci parlent longuement des mines à la moderne. En 1487, les Génois, assiégeant le fort de Sarzanello, occupé par les Florentins, les employèrent ; Pierre Navarro, qui combattait dans le voisinage, put voir ce nouveau procédé. La mine du château de l'OEuf de Naples, qui valut à Gonsalve une si grande répulation, paraît due au susdit Martini, d'après un grand nombre de témoignages.