TRAITÉ DE BLOIS
François Gonzague de Mantoue qui, capitaine général des Vénitiens, jeune encore, avait combattu les Français à Fornoue, servi ensuite dans Tarmée impériale, et commandé enfin dans le royaume les troupes vénitiennes contre les Français, avec lesquels il se trouvait maintenant. La Trémouille fut remplacé par ce Gonzague dans le commandement général; mais l'orgueil français répugnait à recevoir des ordres d'un Italien, et le nou-
27décembre, vcau chcf, désobéi et abreuvé d'amertume, dut donner sa démission. Les ennemis, au contraire, avaient la plus grande confiance dans Gonsalve, qui remporta une victoire sanglante à Garigliano.
L'armée française avait perdu la plupart de ses guerriers d'élite, moins par le fer que par les maladies, et presque aucun d'eux ne revit la patrie. Tant de victimes plongèrent la France dans le deuil; Louis ne pouvait s'en consoler, et les Italiens se trouvèrent à la merci des Espagnols. Heureusement Gonsalve , souffrant du climat et décidé par le manque d'argent, fit signer une trêve de trois ans. Au milieu des négociations qui furent entamées, Ferdinand le Catholique, honteux de sa conduite perfide envers Frédéric II de Naples , paraissait disposé à le remettre sur le trône. Mais, ce dernier et la reine Isabelle de Caslille étant morts, le roi d'Espagne , malgré son âge , épousa Germaine de Foix ,
^2 . nièce de Louis XU, qui lui céda, avec ses prétentions, tout ce qu'il possédait dans le royaume de Naples , sauf à recevoir 700,000 florins pour les dépenses de la guerre ; puis , dans le traité secret de Blois, l'empereur Maximilien promit à la France Pinvestiture du duché de Milan, moyennant 120,000 florins et une paire d'éperons d'or par année.
Les adversaires ne souscrivaient à cette trêve que dans le seul but de reprendre haleine , et les Italiens même ne pouvaient y compter. Le royaume de Naples, proie disputée, ravagé par les uns et les autres, était tombé dans une tyrannie pire que celle dont il avait voulu s'affranchir ; les autres pays, s'ils n'avaient pas perdu l'indépendance, étaient soumis à des gouvernements impopulaires. La Péninsule restait à la merci des deux puissances étrangères, qui se tenaient mutuellement en respect ; mais elles ne pouvaient pas même se considérer comme maîtresses , exposées qu'elles étaient aux arrogantes prétentions de leurs généraux. Gonsalve de Cordoue , prnicipalement , se conduisait en roi, et refusa d'obéir à Ferdinand, qui le rappelait en Espagne. Ce roi, mù par la jalousie, vient en personne à Naples, le comble