‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 198 sur 352 · LIGUE DE CAMBRAI · texte numérisé non relu

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par le commerce et l'industrie ; on ne pouvait donc lui pardonner de s'être élevée au rang des plus grandes puissances, d'oser résister à RoiuC;, d'empêcher les Français de prévaloir en Lombardie, et les empereurs d'y descendre à leur volonté.

Louis Elien, ambassadeur français, ne faisait pas mystère de cette basse jalousie; il disait à la diète germanique : « 11 y a à (( peine un siècle que les Vénitiens sont sortis de leurs marais, et (( déjà ils occupent plus de terres que les Romains n'en conqui- (' rent dans l'espace de deux cents ans. Après avoir subjugué « l'Italie, ils se proposent de franchir les Alpes, de jeter des « ponts sur le Danube, le Rhin, la Seine, le Rhône, le Tage et « l'Èbre. Lie des nations, ils ont d'abord vécu de la pêche, puis « se sont fait respecter des princes au moyen de vols, d'assassi- « nais , d'empoisonnements. Ils se disent maîtres de la mer, « qu'ils épousent comme s'ils étaient les maris de Thétis et les « femmes de Neptune. Combien de villes n'ont-ils pas détruites ! « De quelle oppression n'accablent-ils pas leurs sujets ! Je ne « rappellerai pas leur gourmandise , leurs infâmes festins ; mais a il est certain qu'ils ont des boucheries de chair humaine, des « cavernes où ilsensevehssent les vivants, des taureaux de cuivre, « comme les tyrans d'autrefois. Nous autres, nous nenoushabil- « Ions pas de pourpre précieuse ; nos tables n'ont pas des services « d'or et d'argent, et nos coffres ne regorgent pas d'or... Gertai- « nement, s'il messied aux princes de se conduire en marchands, « il convient bien moins à des marchands de s'élever à la condi- « tion de princes. »

Déterminer le point où commence la possession légitime sera toujours le problème le plus difficile de cette politique qui se fonde uniquement sur les faits ; mais à coup sûr Venise possédait au moins aussi légitimement que ses rivaux, et pourtant ils résolurent de se la partager. Déjà, dans le traité de Blois, Louis XII et Maximilien s'étaient entendus à cet effet; mais l'incapacité de l'un et les occupations de l'autre suspendirent l'exécution de ce projet. La déplorable issue de sa dernière expédition aigrit tellement Maximilien qu'il n'hésita point à se rapprocher des Français, malgré sa haine contre ce peuple. Louis, de son côté, bien que l'amitié des Vénitiens lui fût très-utile pour conserver le Milanais, se tenait pour offensé de ce qu'ils avaient conclu une trêve avec l'empereur; il aurait mieux aimé les voir s'affaibhr mutuellement.

Marguerite, fille de Maximilien d'Autriche, après la mort de

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