‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 2 sur 352 · MOEURS DES CITOYENS ET DES SEIGNEUIIS · texte numérisé non relu

MOEURS DES CITOYENS ET DES SEIGNEUIIS

Lorsque la religion était l'âme de la société , les églises ne semblaient jamais trop nombreuses ; au-dessus de tous les édificesdominait la cathédrale, qu'on avait transportée de l'extérieur, ou des lieux consacrés d'abord à la dévotion, dans le centre des habitations. On n'aurait pas songé à les isoler, bien qu'il y eût une place devant, et qu'elle fût entourée dun terrain sacré, parfois ceint d'un mur. Tant que dura la domination des évoques, leur palais était distinct de la ville, fortifié, et comprenait souvent do vastes enclos ; mais partout, excepté à Udine et dans quelques autres localités , il dut faire place aux communes ; néanmoins ces enceintes et les immenses cloîtres restèrent toujours des lieux d'asile. Les ecclésiastiques et les monastères possédaient la meilleure et la plus grande partie de la campagne ; tous les établissements de charité et d'éducation, fondés et dirigés par l'Eglise ou sous ses auspices, conservaient un aspect et un but religieux.

Les maisons étaient construites avec du bois, du torchis, et couvertes de paille, comme on en voit encore dans la France, si brillante par sa civilisation ; comme il n'existait pas de règlements, chacun empiétait le plus qu'il pouvait sur la voie publique, construisait en saillie les étages supérieurs, les escaliers et d'autres parties accessoires, de telle sorte que les rues se trouvaient resserrées et sans lumière. Cependant le besoin d'habitations plus commodes se fit sentir de bonne heure ; la pierre, la brique et les tuiles concoururent à fournir des demeures solides et bien abritées. La disposition régulière des rues de Turin révèle leur origine première.

Les rues tiraient leur nom des lieux où l'on élevait les églises voisines, souvent même de l'industrie qu'on y exerçait, ou des puissantes familles qui les habitaient : usage qui nous révèle une stabilité de familles et de boutiques, aujourd'hui disparue. Les numéros modernes étaient remplacés par une sentence , des armoiries, une enseigne industrielle, une peinture , ou bien une brique.

L'éclairage nocturne était inconnu ; les lampes allumées aux nombreux tabernacles en tenaient lieu dans une certaine mesure. Heureuses les villes qui avaient des eaux courantes pour se laver, ou des pluies fréquentes ! sinon, les immondices que l'on jetait, surtout dans les intervalles inoccupés, les troupeaux de cochons qui les fouillaient librement , le grand nombre d'étables d'où chaque njatin l'on menait paître les génisses , comme on ie voit

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