LES CITES. O
encore dans plusieurs villes de la Romagne, rendaient impossible la propreté.
Les "palais des seigneurs^, qui parfois embrassaient de vastes quartiers, se distinguaient au milieu des maisons plébéiennes; celui des Visconti , à Milan , s'étendait de Saint-Jean in Conca jusqu'à l'archevêché, et celui des Pusterla, de Saint-Alexandre jusqu'à la Vedra. Des portiques y étaient souvent annexés, ou bien ils se développaient le long des rues comme à Bologne , à Mantoue et ailleurs; parfois ils se trouvaient isolés, comme celui, avec ouverture, des Figini, la loge des Osi à Milan, la loge des Bardi et les autres de Florence. C'était là que se réunissaient les serviteurs d'une famille , ou même une faction entière , pour causer, s'amuser, traiter d'affaires. Une loge plus grande faisait r office des bourses modernes, et se trouvait souvent sous la salle du parlement , comme on le voit encore dans la place des Marchands à Milan, dans le broletto à Monza, ainsi qu'à Padoue, à Vicence et ailleurs.
l-e palais de la commune, outre qu'il servait aux assemblées , était un témoignage de la richesse du pays et le dépôt de ses souveiiirs ; on l'ornait avec des objets d'art antiques, des inscriptions lapidaires, des monuments nouveaux, et surtout avec les armes ou les éloges des magistrats. De même que l'église avait une cloche, ainsi la commune, qui lui succéda, voulut avoir la sienne ; on se faisait une gloire d'en construire la tour haute ou riche d'ornements. Sur la place se dressait souvent la potence, symbole du droit de verser le sang. Outre l'arsenal, chaque commune avait de vastes magasins où, par une précaution exagérée, elle accumulait une grande quantité de blé , de foin , de vin , obligeant souvent tous les propriétaires de la campagne à y apporter la moitié ou un tiers de leurs récoltes.
Chaque bourgade, comme les villes, avait des institutions de charité, surtout pour les malades et les pèlerins, fondées par quelque personne pieuse, par une confrérie ou'\ine corporation. Dans le siècle que nous décrivons, on commença même à concentrer la bienfaisance que l'esprit domestique du moyen âge avait éparpillée ; les villes eurent alors de grandioses hôpitaux, mieux administrés sans doute, mais, selon nous, moins convenables pour le service des pauvres. En 4431, les hospices de Palerme, sur les instances de Févêque, furent réunis dans celui do Saint-Esprit ; à Milan , François Slbrza forma de tous les autres le grand hôpital. A Côme, en U64, le bienheureux Michel de