DÉVOUEMENT DES SUJETS VÉNITIENS
avantage marquait le terme des revers de Venise, qui affranchit pour quinze années les Trévisans de tout impôt.
Les sept communes cimbres, colonie allemande qui s'était conservée au milieu du territoire de Bassano (1), plutôt alliée que sujette de Venise, sauf à lui payer un léger tribut, avaient un gouvernement municipal , avec un conseil composé de familles originaires, mais dans une pleine indépendance Tune de l'autre. Une régence, composée de deux députés par commune, siégeait à Asiago pour s'occuper des intérêts de toutes. Le syndic de chaque commune prononçait sur les contestations en première instance ; l'appel était porté devant la régence, qui, dans les cas extraordinaires, nommait deux arbitres, et, dans les plus compliqués, reuvoyait la cause au sénat vénitien. Ces communes prirent chaudement le parti de Venise, et leur concours lui fut trèsutile.
A Padoue, la noblesse s'était déclarée en faveur de l'empereur, dans l'espérance de reconstruire l'édifice féodal et de faire
(1) On a beaucoup écrit sur cette colonie allemande. Le conseiller Bergmann , dans l'introduction au Dictionnaire cimbriqiic de Schmeller, mort en 1852, expose les différentes opinions sur son origine. C'était, selon quelquesuns, un débris des anciens Rhètes, ou, selon d'autres, des Cimbres défaits par Marins ; certains auteurs y voient des Allemands venus au temps d'Honorius , ceux-ci des Gotlis, ceux-là des compagnons des Carlovingiens ou des Othons. En effet , leur première arrivée dans ce pays semble remonter à l'époque où Otlion P', en 873, donne à l'évcque Abraham de Frisingen de grands domaines autour de Castelfranco, à Godego , et dans l'intérieur de ces montagnes, où s'étaient établis beaucoup d'Allemands. Ezzelin de Romane dut en amener d'autres, et Ezzeliu IV, vers l'an 1260, avait un ofllcier (amimaiin) à Rozzo, l'une des sept communes. De Pergine dans le Tyrol et de la Cemljra, vallée voisine, qui ne devint italienne que plus tard, des Allemands vinrent, au douzième siècle, chercher dans les montagnes vicentines un refuge contre l'oppi'cssion du bailli Guidubaldo , et peut-être y apportèrent-ils le nom de Cimbres. Il est certain qu'on les nomme Teutons dejjuis une époque reculée, et leur langue est un dialecte semblable au tyrolien bavarois du treizième siècle, d'après le témoigiiiig'' du susdit Schmeller. Dans le principe, le pays était soumis aux monastères d'Oliero et de San-Floriano, aux Ponzi de Breganze, à la commune de Vicence et à d'autres petits seigneurs ; plus tai'd il appartint aux Scaligeri, avec les privilèges dont il jouit toujours ; enfin il tomba sous la domination de Milan jusqu'à l'année 1404, époque où il passa sous les lois de \enise, qui donna aux habitants le titre de Fidèles ; de leur coté, ils devaient lui fournir, dans le cas de guerre, 400 livres et sept archers, outre l'obligation de garder les passages qui débouchent du Tyrol sur le territoire vénitien ; du reste, ils étaient exempts de toutes corvées, de droits de sortie, etc.