‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 212 sur 352 · MAXIMILIEN SFORZA · texte numérisé non relu

MAXIMILIEN SFORZA

amicales avec les Italiens , et séduisaient les femmes au lieu de les violer. Les Espagnols , étrangers par orgueil aux manières affables, à la pilié, par l'habitude d'égorger des Maures et des Américains, voyaient dans le vaincu moins qu'un homme. Les Suisses et les Allemands, fiers de leur force et de leurs fréquentes victoires, grossiers et brutaux, insatiables de pillage, ivrognes surtout, voulaient des orgies, non des amours ; de l'argent , non (les promesses. Où se trouvaient donc les amis et les adversaires (le l'Italie? Alphonse d'Esté avait raison lorsque, à la bataille de lîavenne, prévenu que son artillerie atteignait même les Fran- ( ais, il répondit : Tirez sans égard pour personne, car tous sont lias ennemis. Et cependant la pauvre Italie était contrainte de regarder les Allemands comme ses libérateurs; puis, victime de Terreur commune qui fait voir la liberté dans tout changement de maître, elle s'insurgeait partout contre les Français, égorgeant en détail ceux qu'elle ne pouvait plus affronter sur les champs de bataille.

Le cardinal Schinner, dont les paroles, disait le roi de France, lui avaient fait encore plus de mal que les lances de ses compatriotes, se dirige par Trente sur la Lombardie, à la tête des Suis- juta. sps ; puis il proclame duc de Milan Maximilien , fds du More , qui s'était réfugié depuis longtemps à la cour impériale, et que les potentats furent contents de voir maître de ce pays , parce qu'il en excluait les Français. Mais, pour recouvrer le duché , ^forza avait dû le démembrer, eî, outre les contributions énormes imposées par les Suisses, les trois cantons montagnards gardèrent Beilinzona. Déjà la confédérationhelvétiquedouiinait sur les bailliages de Lucano, de Locarnoet de Val-Maggia; la Yaltehne était soumise aux Grisons, et le pape possédait Mantoue, Parme, Plaisance, comme provenant de l'hériiage de ia princesse Mathildc. l'ius tard, soit pour récompenser ses anciens amis, soit pour s'en faire de nouveaux, Sforza céda d'autres portions de territoire, (^omme Lecco à Jérôme Morone , son conseiller, Yigevano au I adinal de Sion, Bjvolta et la Geradadda à Oldiado Lampugnago ;

! outre, il était contraint d'imposer à ses sujets des tailles énor- -s et arbitraires, pour rassasier les étrangers, heureux de ces

■sures qui devaient rendre odieux le gouvernement national.

Les Français, trop faibles, et dispersés dans un pays soulevé, (lurent abandonner la Lombardie, mais non pas sans éprouver (les pertes sensibles. Milan, animé de cette lâche fureur qui se <léchaîne contre les vaincus, égorgea jusqu'aux marchands fran-

Page 1