EXPULSION DES FRANÇAIS
çais qui étaient restés dans la ville; ainsi fit Côme, imitée pat ^juin. Gênes, qui proclama doge Jean Frégose, et toutes les villes, un( fois débarrassées des Français , se replaçaient sous l'autorité d( quelque dominateur. Bologne même se rendit aux pontificaux Jules II, irrité des insultes qu'il en avait reçues, eut un momeni la pensée de la détruire et d'en transporter les habitants s Cento, puis se contenta de lui enlever ses privilèges et les magistratures ; il releva de l'interdit Alphonse d'Esté, mais fit occuper ses États par le duc d'Urbin , et chercha même à l'emprisonner.
Au delà des Alpes , un orage menaçait encore la France : Henri VIII d'Angleterre entrait dans l'Artois , Ferdinand le Catholique dans la Navarre , et les Suisses dans la Bourgogne ; mais heureusement les confédérés, à peine victorieux, firent revivre leurs prétentions opposées, et, comme chacun d'eux avait outre-passé l'objet de la ligue, le partage des dépouilles suscitait des inimitiés. Le pape voulait tous les pays situés au midi du Pô , et Maximilien mettait en avant les anciens droits de l'empire; le vice-roi Cardona, sous le prétexte d'expulser les Français des forteresses, voulait mener vivre ses troupes sur le territoire milanais; les Vénitiens, de leur côté, cherchaient à s'emparer de Crème et de Brescia.
Florence, bien qu'alliée de la France (1), se maintenait tranquille et dans la ligne de ses devoirs, sans offenser personne ^ elle n'évita pas néanmoins le sort des faibles parmi les hommes violents. Déjà, pour la punir d'avoir accueilli le concile, le pape avait tenté de renverser le gonfalonier Soderini et la faction populaire, et permis au cardinal Jean de Médicis d'intriguer pour rétablir sa famille dans cette ville. Maintenant le vice-roi Cardona marche contre elle , en promettant de respecter les biens et les franchises, à la condition qu'elle expulsera Soderini et recevra les Médicis. Florence pouvait se sauver par des offres d'argent, unique mobile de ces capitaines; mais, comme un sacrifice pécuniaire lui semblait un aveu de culpabilité, elle eut recours aux raisons, comme si elles pouvaient quelque chose au milieu des armes. Soderini, noble patriote plutôt qu'homme de résolution , hésita et ne prit les armes que lorsque le danger
(1) Le cardinal d'Aniboise avoua au roi que, depuis quelques années, il recevait 50,000 ducats de divers princes et républiques d'Italie, plus 30,000 de la seule Florence.