‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 22 sur 352 · FASTE PRINCIER · texte numérisé non relu

FASTE PRINCIER

faire étalage de ses richesses en se rendant à Florence avec Bonne de Savoie, sa femme. «Il avait avec lui ses principaux feudataires et conseillers, tous habillés de draps d'or et d'argent par le trèslibéral duc; leurs serviteurs se distinguaient également par des vêtements somptueux. Les courtisans, salariés par le prince , étaient vêtus de velours et d'autres fines étoffes de soie, avec des broderies resplendissantes, ainsi que leurs camériers; il y en avait quarante, auxquels il avait donné un collier d'or, et le moindre valait JOO ducats. Il avait cinquante laquais, tous avec deux vêtements, l'un de drap d'argent et l'autre de soie; enfin les serviteurs de cuisine portaient des habits de velours et de satin. Il était accompagné de cinquante coursiers avec les selles en drap d'or, les brides tissues de soie et les éperons dorés ; de gentils varlets, tous avec un pourpoint de drap d'argent et un manteau [giornea] à la sforzesque, montaient ces puissants chevaux. Pour la garde de Son Excellence, il y avait cent hommes d'armes d'élite, tous équipés comme des capitaines, et cinquante fantassins choisis, les uns et les autres habillés par le duc. Son épouse avait cinquante haquenées, avec leurs selles et des garnitures d'or et d'argent, montées par des pages richement vêtus ; suivaient douze chars, dont les couvertures de drap d'or et d'argent étaient brodées aux armes ducales; à l'intérieur, les sièges et les coussins étaient de drap d'or, quelques-uns d'argent, et d'autres de satin cramoisi ; la soie couvrait même les harnais des chevaux. Ce cortège se composait de deux mille chevaux et de deux cents mules de trait, ayant tous le même caparaçon, qui était de damas blanc et noir; celui du duc portait au milieu une broderie d'or fin et d'argent, et les muletiers avaient un habit neuf à la sforzesque. Derrière venaient encore cinquante couples de chiens d'espèces diverses, avec un grand nombre de faucons et d'éperviers. On y comptait quarante trompettes et fifres, beaucoup de bouffons et d'autres individus avec divers instruments de musique. Cette suite coûta seule 200,000 ducats (Corio). »

Arrivés à Pontremoli, ils logèrent dans la forteresse pour vénérer l'image de Marie Annunziata, devenue depuis quelque temps l'objet d'une dévotion particulière (1). A Florence, les Médicis voulurent rivaliser de faste, et ils ajoutèrent à cela l'éclat des beaux-arts. La ville entretint à ses frais tout ce qui faisait

(1) TaugioM ToZZiriTl, Belazioue di viaggi, XI, 26G.

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