‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 221 sur 352 · G JEAN DE MÉDICIS PAPE · texte numérisé non relu

G JEAN DE MÉDICIS PAPE

prisonnier; mais, conduit à Milan, on le conciliabule était encore ouvert, il reçut un accueil splendide, et parvint à ramener beaucoup d'individus au parti de l'Église. Ses bonnes manières lui gagnèrent même les officiers français; aussi, tandis que l'on songeait à l'envoyer captif en France, il trouva le moyen de s'enfuir et d'atteindre Bologne, à l'aide de divers travestissements ; enfin, après avoir noué de nouvelles intrigues, et renversé le gonfalonier Soderini, il recouvra Florence. 1513 II se trouvait dans cette ville, tourmenté par une fistule, quand

«mars, jj apprit la mort de Jules II. Il se fit alors porter en litière à Rome pour assister au conclave, dans lequel il garda son médecin près de lui : cette circonstance peut-être lui gagna les électeurs, qui, malgré sa jeunesse , s'imaginèrent que sa vie serait probablement de courte durée. Il prit le nom de Léon X : monté sur le destrier qui lui avait servi à la bataille de Ravenne, il se "rendit, comme c'était l'usage, à Saint-Jean de Latran, où il trouva 300,000 sequins que Jules II avait accumulés en faisant des économies sur l'administration. Ce trésor, il songea à le dépenser en magnificences plutôt qu'en guerres, et un tiers fut dissipé dans les fêtes de son inauguration.

Après avoir détourné le schisme dont l'Église était menacée, en laissant le cinquième concile de Latran terminer ses travaux, et en pardonnant à ceux qui avaient adhéré au conciliabule de Pise, il dirigea son attention principale sur les affaires de sa famille. Du reste, il ne s'agissait point de la tirer de l'obscurité pour la gorger d'or et de fonctions ; comme elle était riche, influente, maîtresse du pouvoir, il se trouva lui-même , exemple nouveau, à la fois pape et prince séculier d'un État limitrophe, ce qui lui offrit d'amples moyens pour agrandir ses parents. Il donna l'archevêché de Florence, avec le chapeau de cardinal, à son cousin, Jules de Médicis. Une de ces conjuralions qui fournissent aux nouveaux gouvernements une occasion de serrer le frein lui fut dénoncée alors; il laissa monter sur l'échafaud Pierre Boscoli et Augustin Capponi (1), et fit pardonner aux autres, parmi lesquels était Machiavel.

(1) Boscoli disait à Luc de Robbia, neveu du peintre, qui l'assista dans ses derniers moments : ( De grâce, Lue , ôtez-moi Brutus de la tête , aûn que je « fasse ce dernier pas tout à l'ait en chrétien. » Le moine (jui l'assista disait aussi à Luc : « Quant à ce que vous m'avez dit, celte nuit, que je lui rappelasse « que les conjurations ne sont jamais permises, sachez que saint Thomas fait « cette distinction : Ou les peuples ont mis le tyran à leur tcte , ou bien <;'est

2^ mars ,

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