‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 223 sur 352 · FIN DE LOUIS XII · texte numérisé non relu

FIN DE LOUIS XII

1513 Au milieu de ces arrangements^ Louis XII mourut, roi cher à

janvier, g^j-j p^yg p^j^^, l'économie avec laquelle il administra les revenus publics. Il paraît que l'intérêt seul de la nation lui fit entreprendre les guerres d'Italie : car, s'il eût laissé subsister les petites puissances de la Péninsule, elles auraient fini par l'accabler; s'il ne se fi'it pas allié avec Alexandre VI, ces puissances et ce pape l'auraient écrasé de concert; s'il n'avait pas réclamé le concours de Ferdinand, il n'aurait pu conquérir Naples, et serait tombé sous les coups du pape; s'il avait préféré habiter Naples, il eût perdu ce royaume et la France. Ainsi les successeurs de saint Louis, qui avaient devant eux toute l'Asie à soustraire aux musulmans, toute l'Amérique à délivrer de la barbarie , abandonnèrent cette glorieuse tâche à l'Espagne et au Portugal , pour s'approprier un lambeau de l'Italie ; et encore, loin de l'obtenir, ils se faisaient battre par les Suisses , par les Espagnols , même parles troupes du pape.

Comme Napoléon, Louis XII voulait que la guerre en Italie fût payée par l'Italie, ce qui lui permettait d'alléger les charges de sa nation, qui le loue de n'avoir pas fait de dettes, comme elle loua plus tard ceux qui surent en faire de grandes; mais il accumulait la haine dans le cœur des Italiens, auxquels il parut perfide, sans talent politique, ambitieux, sans capacité. Il acheta à prix d'argent la capture du More à Novare, et il tint dix années dans une forteresse ; il favorisa de tout son pouvoir César Borgia, jeta le schisme dans l'Église, provoqua la ligue de Cambrai, et fit la guerre avec inhumanité, sans réussir néanmoins. Cruel dans la victoire, découragé par les défaites, il trahit les Florentins, les Pisans, les Bentivoglio, les ducs de Ferrare, toutes les populations faibles ou les princes qui mirent leur confiance en lui (1); peut-être le vide laissé par la mort de son premier ministre, le cardinal d'Amboise, l'âme de ses conseils jusqu'alors, fut-il la cause de la faiblesse et de l'hésitation qu'il montra vers la fin de sa vie.

François I", qui lui succéda, se fit, lors de son couronnement

à Reims, proclamer par le héraut duc de Milan, et sollicita une

expédition, tandis qu'on négociait pour la paix, qui fut conclue

1515 avec l'Autriche et l'Angleterre; mais il ne put avoir les Suisses

27 juin, Yiouv auxiliaires, et s'entendit avec les Vénitiens. La France brû-

(1) Il est Ltiaugc que Machiavel, grand ap6u-e de l'unité, blâme Louis XII d'avoir délruil les faibles eu Italie,

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