‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 224 sur 352 · DESCENTE DE FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

DESCENTE DE FRANÇOIS I

lait de venger la honte de Novare, et se plaisait à seconder le jeune roi, brillant des qualités qui fascinent cette nation. Il se mit en marche avec la meilleure armée qui jamais eût passé les Alpes : elle se composait de deux mille cinq cents lances, qui i^ ^ofit. comptaient pour quinze mille hommes, de vingt-deux mille lansquenets, de huit mille aventuriers français, de six mille Gascons, de trois mille sapeurs et de soixante-douze grosses pièces d'artillerie. Dans cette armée se trouvaient les maréchaux Trivulce, La Palisse, Lautrec, les braves La Trémouille, Montmorency, Grequi, Bonnivet, Gossé-Brissac, Claude de Guise; avec eux revenaient Bayard et Pierre Navarro, qui , fait prisonnier à la bataille de Ravenne, et non racheté par Ferdinand, se mit au service de la France.

La ligue ennemie, dans laquelle étaient les Suisses, le pape, l'empereur Maximilien, Ferdinand le Catholique, Florence et Milan, lui opposait des forces égales. Le yénéral tonsuré, comme on appelait le cardinal de Sion, ennemi juré des Français, excita ses compatriotes à conserver Milan, ce qu'il obtint, non par les discours de rhétorique que lui prêtent Paul Jove et Guicciardini, mais en répandant l'argent, en partageant les fatigues et les privations des soldats suisses, dont le nombre s'éleva bientôt à trente mille , et qui fortitièrent les passages des Alpes. Les autres confédérés firent de même, en se persuadant, comme on le répète en prose et en vers, qu'elles sont infranchissables pour peu qu'on les défende; mais l'infatigable Trivulce, après de longues recherches, découvrit un passage à travers la vallée de la Stara, d'où les Français, au milieu de grandes difficultés, traînèrent leurs canons par Barcelonnette et Rocca Sparviera, jusqu'à Cuneo et à Saluées, tandis que les Suisses les attendaient à Suse (1). Le chevalier Bayard tombe sur l'ennemi si brusquement qu'à Villafranca il fait prisonnier à table Prosper Golonna, le meilleur général italien, en lui enlevant de gros bagages, tous ses chevaux, et la réputation de prudent qu'on ne lui avait pas contestée jusqu'alors. L'armée française, par différents chemins, se réunit à Turin, où elle fut bien accueillie par Charles III de Savoie, qui avait peut-être favorisé sa marche.

Alors des brigues et des manœuvres corruptrices entourèrent

(1) On prétend que les Fiançais, à cette occasion, percèrent le passage du mont Vise à la ïraversetta j mais il paraît que cette opération fut exécutée, en 1480, par Louis, dixième marquis de Saluces. ^

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