‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 228 sur 352 · PAIX DE NOYON · texte numérisé non relu

PAIX DE NOYON

France, afin de ne pas avoir à craindre son opposition; le traité, dont les conditions furent réglées à Noyon, amena la tranquillité de toute l'Europe. Déjà François F"" avait fait un arrangement avec les Suisses, c'est-à-dire déterminé dans la paix perpétuelle le subside qu'il payerait à chaque canton pour y lever tous les hommes dont il aurait besoin. Avec la cour de Rome, à laquelle il envoya Budé, l'honuTie le plus savant de son royaume, il fit un concordat qui abolissait la pragmatique sanction de Bourges; en vertu de ce concordat , il cédait au pape la collation des bénéfices en France , et le pape abandonnait au roi les revenus d'une année des bénéfices qu'il conférait. 17 mars. L'Italie, malgré cela, ne fut pas tranquille. Ce Julien de Médicis, cause de tous les désordres que Léon X, dans le but de lui faire un État, avait préparés, était mort; le pape alors concentra son affection et son ambition sur son neveu, Laurent II ; or, comme depuis longtemps il désirait l'investir du duché d'Urbin, il intenta un procès à François-Marie de la Rovère, puis le déposséda avec ses bandes et celles des Florentins; mais, soldant les troupes que la paix avait rendues libres, de la Rovère, à leur tête, marcha à l'improviste contre Urbin pour le recouvrer. Le pape lui opposa d'autres bandes, qu'il entretint en vendant trente et un chapeaux de cardinal moyennant 200,000 sequins, et les deux troupes en venaient souvent aux mains comme si elles eussent appartenu à des nations différentes. De la Rovère mena les siennes, pour les faire vivre, sur le territoire florentin ; puis, ayant perdu l'espoir de vaincre, il céda et transféra à Mantoue son artillerie avec sa belle bibliothèque.

Laurent, redevenu duc, passa en France avec cinq mille chevaux et un nombre infini de chars pour épouser Madeleine de la Tour d'Auvergne ; des fêtes splendides lui furent données dans ce pays, et lui-même en fit d'aussi belles à Florence ; mais IjI'J bientôt il mourut d'une maladie cruelle et peut-être honteuse, laissant pour fille unique Catherine, depuis reine de France comme femme de Henri II, et le bâtard Alexandre, qui devint duc : deux noms funestes. Le duché d'Urbin fut incorporé au patrimoine de Saint-Pierre.

Florence vit dans cette mort sa propre liberté, car le pape n'avait désormais personne dans sa famille qu'il pût y mettre comme prince ; mais il y envoya pour gouverneur son cousin, le cardinal Jules. Cependant, atin de la dédommager des grandes dépenses qu'elle avait faites pour recouvrer le duché d'Urbin,

2 avril.

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