‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 229 sur 352 · AMBITION DE LÉON X · texte numérisé non relu

AMBITION DE LÉON X

il lui donna la forteresse de San Léo et le Montefeltrin. Jean- Paul Baglione, qui avait servi utilement le pape Jules II, puis les Vénitiens, rentré dans sa patrie après la cessation de la guerre, y exerçait la tyrannie ; Léon X, désireux de recouvrer la ville de Montefeltro, l'api)ela à Rome, où, malgré un sauf-conduit de sa main, il le fit arrêter et décapiter. Fermo fut également enlevé à Frédéric, son oppresseur, qui mourut en combattant pour se défendre. Quelques petits tyrans, mis à la torture, avouaient les crimes dont aucun d'eux n'était exempt, et subissaient la mort; effrayés par ces supplices, les autres seigneurs des iMarches s'empressèrent de se soumettre.

Nous savons que l'empereur Maximilien avait investi de Modène le duc Alphonse d'Esté, lequel en fut dépouillé comme rebelle; mais il faisait des efforts continuels pour la recouvrer, lorsque cet empereur la vendit à Léon X pour 40,000 ducats d'or, qui étaient à peine le revenu d'une année. D'après le dernier traité de paix, le pape aurait dû la rendre à Alphonse avec Reggio ; mais, loin de tenir sa promesse , il tenta de lui enlever Ferrare, et, comme la force était impuissante, il résolut de le faire empoisonner; heureusement un Allemand dont il s'était servi révéla son projet, et Alphonse ordonna d'instruire sur cette tentative, dont il envoya le procès au pape sans rien ajouter.

Léon X dompta par la force ou la perfidie les autres chefs qui s^étaient élevés à la chute du duc de Valentinois; non-seulement il tint en bride le sacré collège par la nomination de trente et un cardinaux, tandis que leur nombre n'était que de douze, mais en sévissant contre ses membres. Le cardinal Alphonse Petrucci, fils de ce Pandolphe qui gouverna longtemps la république de Sienne, était resté fidèle aux Médicis dans leurs disgrâces; néanmoins, s'étant brouillé avec Léon X , parce que ce pape avait fait expulser de Sienne son frère Borghèse qui en était devenu le seigneur, il chercha à le faire empoisonner par le chirurgien Baptiste de Verceil. La trame ayant été découverte, le pape feignit d'être malade, et, quand Petrucci vint le voir, il le fit arrêter et décapiter au château Saint- Ange; le médecin, le secrétaire et d'autres furent écartelés, et il condamna à une prison perpétuelle, comme complices, les cardinaux BandineUi des Santi et Raphaël Riario, qui recouvrèrent ensuite leur liberté à prix d'argent.

Maximilien, resté seul dans la lice, adhérait enfin au traité de i5n Noyon, laissant Vérone aux Vénitiens, mais conservant Riva de '^ fiûcembre.

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