‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 234 sur 352 · LEUR RIVALITÉ · texte numérisé non relu

LEUR RIVALITÉ

bâtard de Laurent de Médicis. Ces stipulations étaient tenues secrètes, et la guerre devait éclater subitement à Côme , Gênes, Parme, partout. Néanmoins Alphonse de Ferrare, dont les soupçons étaient réveillés , se tint si bien sur ses gardes qu'il fut impossible de le surprendre ; le Parmesan Manfred Pallavicini, qui, d'accord avec les Gibelins et quelques aventuriers, devait surprendre Côme (1), tomba au pouvoir de l'inexorable Lautrec, qui le fit écarteler avec un grand nombre de nobles milanais , ses partisans. Léon jette alors le masque , et déclare la guerre à la France.

Depuis le sac de Brescia et la bataille de Marignan, les Milanais étaient devenus très-hostiles aux Français. De lâches poètes comparaient Gaston de Foix à une colombe (2) ; de lâches historiens soutenaient que François P'' était maître légitime de Milan parce que le Gaulois Bellovèse l'avait fondé, et les belles dames se trouvaient flattées de se voir peindre par commission du roi français (3) ; mais le peuple abhorrait ceux qui

(1) Molini, dans les Documenti di sloria itatiana, a publié la lettre de Sforza, qui donne cette commission à Pallavicini.

Les Pallavicini , seigneurs de Cortemaggiore , Castiglione , Busseto et autres lieux dans le Lodigian, figurent beaucoup parmi les partisans des Français.

Christophe combattit avec les Français à Marignan ; néanmoins la haine de Lautrec le poursuivit jusqu'à ce qu'il fut tombé entre ses mains ; puis, en quittant la Lombardie, il le fit décapiter. Galéas et Antoine-Marie, ses frères, servirent les Français avec fidélité.

Antoine-Marie aima la belle Catherine Leopardi , admirée de tous et de Louis XII, qui anoblit et enrichit sa descendance. Jérôme, tils de Christophe, combattit contre les Français en Flandre, et, après la paix de Cateau-Cambrésis, il revint à Busseto, et voulut épouser la première femme qui viendrait mendier à la porte de son château. Ce fut une montagnarde placentiue, qui n'oublia jamais son origine, et se fit ensevelir avec ses halùts de pauvresse.

C'était une race forte de corps et d'âme. Christophe, appelé à Rome pour justifier sa neutralité auprès de Jules II , investit son frère Octavien, dont il ne fut pas content ; il le souffleta pour fe châtier. Galéas épousa Éléonore Pico; comme elle se leva de bonne heure, le lendemain de son mariage, pour entendre la messe, il la chassa et reprit Bianchino, sa maîtresse. Charles Sforza Pallavicini fut un saint évèque de Lodi ; c'est de cette famille qu'est sorti le fameux historien du concile de Trente.

(2) E una pura coloinl)a iScI conversar paria.

DiOMÉDE DU Pa

(3) Par Ambroise Noguet , dans le précieu.\ recueil de portraits de la ])iblio-. thèque Trivulce.

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