RENTRÉE DES SFORZA A MILAN
fausses lettres et par la voix de prédicateurs, animait le peuple contre les Français. Louise de Savoie , mère du roi , pour humilier Lautrec, frère de la Chateaubriand, objet de sa haine, trouva moyen de faire passer dans ses coffres l'argent destiné à l'armée d'Italie, et Lautrec se trouva sans ressources. Lorsque les Suisses, mutinés, demandèrent paye, congé ou bataille, il se vit contraint de combattre à la Bicoque entre Monza et Milan, et fut vaincu par Colonna, Frundsperg et un gros de jeunes gens 29avni. milanais, qui, pour l'indépendance, savaient employer autre chose que des paroles ; puis , abandonné par les Suisses, il évacua la Lombardie pour aller en France se disculper de l'avoir si mal gouvernée et perdue si rapidement.
Sforza reprit possession du duché, mais épuisé par ces armées déprédatrices et par tout audacieux qui se sentait assez fort pour désobéir. Milan lui-même , après la bataille de la Bicoque, avait été mis au pillage; les Espagnols, que Colonna avait envoyés sur le territoire d'Asti pour soulager Milan, après avoir dévasté cette contrée et le Vigevanasque , se rejettent sur Milan en demandant leur solde ou le pillage, et l'on est obligé de leur donner 100,0(.0 ducats pour les apaiser. Au milieu de l'abattement universel qui suit des maux irrémédiables, Morone seul soutenait le courage du duc et des sujets ; il s'empara d'Asti et d'Alexandrie.
Venise fit la paix avec l'Autriche; Gênes elle-même, assaillie par l'infatigable Colonna, fut contrainte, bien que défendue par le doge Octavien Frégose, d'entamer des négociations. Le marquis de Pescaire, souvent en rivalité avec Colonna , et surtout à l'occasion de la prise de Milan, que tous les deux s'attribuaient, blessé de voir les Génois traiter avec son émule, voulut qu'on donnât l'assaut à la ville, et, après s'en être emparé, il organisa un pillage régulier. Les Espagnols durent commencer, puis vin- so mai. rentles Italiens, après eux les Allemands, enfin les gens des Fieschi et des Adorni. Les habitants des quartiers de Saint-Étienne et du Bisagno attaquèrent ces bandes disséminées et plongées dans l'ivresse; mais ils se mirent à voler eux-mêmes, a Telle était la richesse et leur ambition qu'ils ne songèrent à s'approprier que les bijoux, les perles, la vaisselle d'argent de toute sorte , sans épargner les églises ni les monastères ; ils enlevèrent beaucoup d'argent, tous les draps, les tapis et les camelots. En outre, ils eurent recours à la ruse de prendre tous les esclaves de Gênes, mâles et femelles, ce qui fut un grand dommage,
1"(lcceinb.