‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 237 sur 352 · MORT DE LÉON X · texte numérisé non relu

MORT DE LÉON X

parce qu'ils découvraient les bijoux, l'argent et la vaisselle d'argent; ils chargeaient les mulets de butin précieux, et emmenaient même les esclaves chargés, de manière qu'il était impossible d'estimer les richesses qu'ils emportaient. Ce pillage fut regardé comme chose miraculeuse plutôt qu'humaine, à cause de l'orgueil dont ils étaient gonflés, et surtout de leurs riches vêtements et de leurs banquets; car ils avaient coutume de dire : Gênes prend Gênes, et tout le monde ne prend pas Gênes. Et Dieu fit voir que les hommes qui se confient en d'autres qu'en eux-mêmes sont perdus (Cambi). »

Golonna alla punir les marquis de Montferrat et de Saluées de l'appui qu'ils avaient prêté aux Français, lesquels furent encore exclus de la Lombardie, sauf les châteaux de Crémone et de Milan.

Les revers des Français laissaient sans protection Alphonse d'Esté, contre lequel Léon lançait desmonitoires,et que l'historien Guicciardini allait combattre à la tête des troupes papales. Alphonse munit ses forteresses, acheta des Allemands; mais il se sentait dans une situation critique, lorsqu'on apprend tout à coup que Léon était mort, non sans de graves soupçons d'empoisonnement , entouré qu'il se trouvait d'ennemis nombreux : il avait quarante-sept ans. Les pasquinades dirent : // s'est élevé en rampant comme un renard, a régné comme un lion {leone), est mort comme un chien.

La fortune change subitement. Alphonse fait frapper des médailles avec cette légende : Ab ungue leonis, et recouvre ce qu'il a perdu; François de la Rovère rentre dans Urbin à la grande satisfaction des habitants; le légat Médicis et le cardinal Schinner de Sion, qui faisaient porter leurs croix d'argent devant les bandes des Suisses blasphémateurs et pillards, se détachent de Charles-Quint, dont tout l'argent était employé pour réprimer la Belgique, la Castille et Valence soulevées. La fortune des impériaux se trouva donc interrompue; ils ne purent occuper l'État ecclésiastique et jeter les bases de la monarchie italienne, œuvre qui leur était facilitée par l'agitation de la vacance et du conclave. En effet, à la mort d'un pontife, trois cardinaux, renouvelés tous les mois, exerçaient l'autorité suprême; mais, outre leur fréquent désaccord, chaque renouvellement amenait un changement de personnes, d'intentions, de politique, et, dans cet état de choses, les petits seigneurs devenaient insolents. Toutes les créatures de la maison des Médicis favorisaient le car-

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