‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 238 sur 352 · ADRIEN VI · texte numérisé non relu

ADRIEN VI

dinal Jules, coiisiu du défunt; les vieux cardinaux ne voulaient pas élever ce jeune homme, et, dans l'impossibilité de s'entendre, le conclave porta ses votes sur un homme inconnu de tons, mais loué pour ses vertus et pur des fautes communes: ce fut Adrien d'Utrecht, ancien précepteur de Charles-Quint, et maintenant gouverneur de l'Espagne (1).

Il voulut conserver son nom, et, bien que la peste, qui n'avait presque jamais cessé, fond lugubre du tableau des misères de cette époque (2), eut fait périr six mille citoyens et dispersé les autres, il voulut entrera Rome et y être couronné; aussitôt il envoie des troupes pour recouvrer les terres usurpées et détruire les bandes qui s'étaient formées durant les vacances. Persécuteur par zèle, il se méfie des cardinaux parce qu'il les sait corrompus, bien qu'il soit obligé de s'abandonner au petit nombre de ceux dans lesquels il a confiance.

Étranger aux intérêts italiens, ignorant les manœuvres politiques et ami de la paix, il résolut de la ramener partout : dans ce but, il crut devoir absoudre et rétablir les ducs d'Urbin et de Ferrare ; puis il s'efforça de réconcilier la France et l'Espagne; mais Charles-Quint lui reprocha de manquer à l'amitié. François I", persuadé que son honneur lui commandait de recouvrer Milan, faisait des préparatifs de guerre j le pape alors se mita la tête d'une hgue formée avec l'empereur, le roi d'Angleterre, l'archiduc Ferdinand d'Autriche, Florence, Gênes, Sienne, Lucques, pour la ruine de la France.

Le connétable de Bourbon de Montpensier fut pour les confédérés une acquisition très-précieuse ; fils d'une Gonzague et d'un père mort vice-roi de Naples (ch. cxxviii), il avait eu à la bataille d'Agnadel le poste d'honneur, c'est-à-dire la mission de tomber sur le flanc de l'armée italienne, manœuvre qui décida de la victoire ; puis, indigné de voir le roi chercher à diminuer, comme il le faisait pour les autres seigneurs, ses immenses possessions féodales, il se mit au service de Charles-Quint, en s'obligeant à lever sur ses propres terres trois cents hommes d'ar-

(1) Le père Matliias Bellintani fait naître Adrien VI à Renzano, de la Rivière bresciane; c'est là une opinion extravagante. (Voir VHist. de Salo; Brescia, 1599.)

(2) Les bandes anglaises portèrent en Italie la maladie appelée sueur anglaise, qui, sous la forme de pétéchies, souilla le royaume en 1506 : en 1524, elle parut à Milan; en 1527, dans l'arniée de Bourbon; en 1528, dans celle deLautrec* (Voir Heckeb, Dtr engUscIte Scliweiss ; Berlin, 1832.)

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