‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 240 sur 352 · RETOUR DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

RETOUR DES FRANÇAIS

La plupart étaient antipathiques à Charles-Quint, comme empereur, c'est-à-dire comme héritier d'anciennes prétentions; comme Allemand, c'est-à-dire comme né dans un pays d'où venait l'hérésie , pour détruire la puissance pontificale ; comme Flamand, c'est-à-dire comme appartenant à une race rivale du peuple italien pour le commerce; comme Espagnol et maître de ce nouveau monde qui avait enlevé à la Péninsule le sceptre des mers ; en outre, parce qu'il favorisait partout les gouvernements absolus.

Malgré tant d'expériences, les Français étaient donc regardés comme des libérateurs. D'ailleurs, il faut bien dire la vérité, jamais ils n'égorgèrent pour le plaisir de verser le sang, et jamais ils ne firent le mal par calcul. François I" avait reçu une éducation tout italienne de son précepteur Quinziano Stoa; il donna pour maître à ses fils le Génois Tagliacarne (Théocrène), et favorisait les artistes et les gens de lettres italiens. A Milan, Morone entretenait la haine contre la France ; André Garbato, moine augustinien, excitait le peuple à préserver la patrie de la souillure des barbares ; car, disait-il, si les païens le faisaient dans le seul espoir de la gloire, les chrétiens devaient songer à la vie immortelle. Mais, dépourvus de tous moyens de défense, d'autant plus que les murailles étaient renversées, les Milanais auraient succombé sans les fautes du général ennemi. L'amiral Bonnivet, arrivé à Saint-Christophe et à Chiaravalle, assiégea longtemps la ville; mais, bien qu'il fût à la tête d'une armée puissante, il af- septembre. fectait de condamner la fougue ordinaire des Français, et perdit les occasions de vaincre ses adversaires, qui ne pouvaient compter que sur l'habileté des manœuvres. Les Italiens avaient pour général Prosper Colonna, le capitaine le plus prudent de son temps : attaquer et défendre les places selon l'art moderne, vaincre sans combat, au moyen des positions et des marches, épargner le sang des siens, voilà ce qu'il avait enseigné. Mais il souffrait depuis longtemps d'une maladie, qui finit par l'emporter; Charles de Lannoy, vice-roi de Naples, qui le remplaça, eut le temps de réunir les impériaux, et, secondé par le connétable de Bourbon et le marquis de Pescaire, il raviva la guerre.

Dans leurs rangs combattait Jean de Médicis, un des capitaines les plus renommés. Turbulent et sanguinaire dès son enfance, il fut appelé par Léon X pour combattre de la Rovère d'Urbin ; c'est alors qu'il forma une bande et fît revivre le mé-

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