HISTORIENS GÉNOIS ET MILANAIS
voile aux regards des législateurs l'âme même de ce gouvernement, et la conduite qu'il tint, «au dedans comme au dehors, dans les moments les plus difficiles (Foscabini). » Toujours grave plus qu'élégant , il écrivit aussi des Discours politiques avec des idées non vulgaires sur la grandeur et la décadence de Rome. Calme et sérieux, moins absolu que Machiavel , dénonce ses propositions sans rien affirmer, laissant au lecteur le soin de décider. Le chapitre intitulé : Si les forces des ligues sont bien propres à Jaire de grmides entreprises^ mérite une attention parculière.
hes AnnaJes de Gênes, par Augustin Giustiniani , qui vont jusqu'en 1528, sont écrites en latin avec peu d'art, mais avec beaucoup de vérité , puisqu'elles n'étaient pas destinées au public.
Hubert Foglietta, bon politique, latiniste pur et toujours chaleureux, proscrit et accueilli à Rome par Hippolyie d'Esté^ écrivit des éloges de Génois, l'histoire européenne et celle de sa patrie jusqu'en io27, sans documents ; dans cette œuvre, il déclame contre la noblesse et les Doria , sans incliner pour les Fieschi , et poursuit de sa haine les oppresseurs, indigènes ou étrangers.
L'histoire de Gênes, en latin classique, par Jacques Bonfadio, va de 1528, année où la république recouvra sa liberté, jusqu'en 1550, époque de sa mort. On a voulu le comparer à César; il est certain que, malgré ses prologues doctrinaux et ses descriptions hors d'œuvre, il montre une mâle vigueur dans les discours, comme celui où André Doria exhorte les Génois à recouvrer la liberté, et dans les portraits, comme celui de Louis Fieschi. Bonfadio put se vanter qu'il ne sacrifiait pas la liberté aux espérances (1) ; il fait un tableau fidèle des agitations de cette république, dont les historiens valent mieux que l'histoire. La première histoire complète, en trente-trois livres, fut publiée à Anvers en 1579, par Pierre Bizaro; mais, outre qu'elle est composée de seconde main, elle a le tort d'isoler les faits intérieurs de ceux du dehors.
Le principal auteur de l'histoire milanaise est Bernardin Co-
(1) Dans ses lettres, il dit : « Quant à la vie et aux mœurs, je fais profession de plus de modestie et de sincérité que de savoir et de talent littéraire. » Et dans l'histoire livre Ii : Equidem non is ego siim qui cnjiispiam graliam eorum qui vivunt aucupari sludcam ; liomo recondila iialura, et salis cognita fide.
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