‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 251 sur 352 · HISTORIENS NAPOLITAINS · texte numérisé non relu

HISTORIENS NAPOLITAINS

riO;, chambellan de Ludovic le More, qui lui ouvrit toutes les bibliothèques et les archives, invitant même les abbés, les évêques, les moines de la Yalteline, du lac de Côme et d'ailleurs, à lui permettre de transporter à Milan les manuscrits dont il aurait besoin {{). Son ouvrage fut imprimé pendant la domination de Louis XII, et pourtant il le dédia au cardinal Ascagne Sforza, son ancien seigneur. Les documents appuient son récit, et, bien qu'il dégoûte par son style grossier et pédantesque, on aime ces détails naïfs, dont nous lui pardonnons Texcès, parce qu^ils nous seraient inconnus sans cela. Aux événements de la guerre il ajoute les faits intérieurs de l'économie et de l'administration; parfois il relève la narration par des réflexions qui ne sont pas toujours triviales ; il montre qu'il connaît, sinon le cœur humain, mais les supercheries de la politique, et sait apprécier les actions de ses princes avec cette vérité qui peut se concilier avec la condition d'écrivain à gages.

UHistoire de Naples, de 12a0 à 4489, par Ange de Goslanzo, d'un style clair mais languissant, monotone et sans profondeur, est précieuse par les documents qu'elle cite. Vantant sans cesse Naples, il s'égare dans des généralités; il loue et blâme les Souabes comme les Angevins et les Aragonais. Pandolphe Colenuccio de Pesaro avait dit du mal de son pays; il le réfute avec violence et prolixité. Comme il fut presque toujours relégué dans quelques villes, nous devons croire qu'il supportait avec impatience la servitude espagnole.

Camille Pozzio raconta, dans un style élégant et nerveux, la conjuration des barons contre Ferdinand I".

Chaque fait, chaque ville eut ses historiens, avec lesquels nous ferons connaissance en les employant ; quelques-uns sont loués pour le style, bien qu'il soit gâté par Pimitation des formes classiques, et d'autres pour leur sagacité; mais tous attendent un puissant génie qui emploie leurs écrits comme matériaux d'une histoire italienne. Rarement ils produisent des documents, et manquent de la critique nécessaire pour les apprécier, surtout pour comprendre les siècles antérieurs; ils se passionnent pour un homme et un pays. En général , ils recherchent moins l'anecdote que dans le siècle précédent, parce que la vie publique est moindre : attentifs aux faits bruyants, ils négligent la vie intime, les altérations des gouvernements qui ont d'autres causes que

(1) Lettre fin l"" orfohre l'iOT.

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