‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 261 sur 352 · LES IDÉES NOUVELLES AMÈNENT LE DOL'TE · texte numérisé non relu

LES IDÉES NOUVELLES AMÈNENT LE DOL'TE

qui garantissait les rois et les peuples des attentats réciproques, en appelant les uns et les autres à rendre compte de leur conduite devant un tribunal désarmé sans doute, mais très-puissant, parce qu'il était fondé sur la conscience des peuples ; puis ce tribunal résistait aux forts, non pas au nom de la révolte, mais de la soumission que l'on doit à Dieu plus qu'aux hommes.

De nombreux obstacles, comme nous l'avons vu, s^opposèrent à la réalisation complète de cette idée sublime, et les limites des deux puissances restèrent mal déterminées. Les papes , afin de garantir leur propre siàreté dans un âge guerrier, et lorsque toute puissance dérivait de la possession du sol, furent obligés de se procurer un domaine temporel ; mais cette condition eut de tristes conséquences, car elle les entraîna plus d'une fois à échanger, pour une suprématie princière, le rôle de tuteur et d'arbitre, confié par les consciences et fondé sur un royaume qui n'est pas de ce monde. De leur côté, les empereurs prétendaient dominer sur les rois, et tenir les papes sous leur tutelle plus qu'il ne convenait à l'indépendance des premiers et à la dignité du père commun des fidèles. De là , celte longue lutte entre le bâton pastoral et l'épée , suspendue momentanément au moyen de transactions qui, sans doute, empêchaient les excès de l'un et de l'autre, mais paralysaient une partie de leur efficacité respective.

Les pontifes, il est vrai, eurent le bonheur de repousser l'islamisme de l'Europe et de le refréner en Asie par les croisades; de mettre à l'abri des passions royales l'inviolabilité du mariage et la dignité de la famille ; de rétablir la discipline sacerdotale bouleversée par le contact et le mélange des intérêts seigneuriaux, conséquence de la féodalité : mais ils ne réussirent jamais à constituer sur une base solide et reconnue les relations d'État à État, entravés qu'ils étaient par la hiérarchie féodale, par les oligarchies communales et les coutumes dominantes du Nord. Ainsi, dans l'application, des obstacles restreignaient l'action de ce christianisme tout-puissant dans la vie , profondément humain, appui de l'art, sympathique, ami de la pauvreté, de l'obéissance, de la fidélité, qui reconnaît dans le monde le gouvernement de la Providence, et fait que les hommes ont confiance en Dieu et les uns dans les autres, en croyant que la nourriture mortelle peut se convertir en pain et en vin d'une vie éternelle.

Cependant l'ancienne culture était ressuscitée, et les découvertes se multipliaient. Quand on annonçait que le monde ne

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