‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 269 sur 352 · AUTORITÉ PONTIFICALE ÉBRANLÉE · texte numérisé non relu

AUTORITÉ PONTIFICALE ÉBRANLÉE

SOUS le consentement universel. Néanmoins l'opinion, fondement du pouvoir papal, avait été rudement ébranlée par les démêlés avec Philippe le Bel et les autres rois, démêlés où s'étaient révélées les faiblesses des uns et des autres. Pendant l'exil d'Avignon, les successeurs d'Innocent III parurent se faire les vassaux des monarques; des personnes pieuses, et surtout des Italiens, les considérant comme déserteurs du bercail, ne se faisaient pas scrupule de les blâmer avec une acrimonie dont la source était sans doute le respect pour leur rang, mais qui portait atteinte à leur considération personnelle. De là naquit le schisme occidental, qui, pendant quarante ans, fit douter de la perpétuité promise à l'Église. D'ailleurs, au lieu de réconcilier les princes, comme sa mission lui en fait un devoir, l'Église elle-même sema la discorde; des papes rivaux se maudirent les uns les autres; les évêques choisis par l'un repoussaient l'autorité de leurs confrères élus par l'autre, et tous eurent besoin du bras des princes pour soutenir la vérité et l'erreur.

Les conciles de Bàle et de Constance, en se proclamant supérieurs au pontife, condamnaient dans l'Église la monarchie, alors précisément qu'elle s'organisait dans la société civile. Les rois, qui aspiraient à concentrer la puissance en eux-mêmes, saisirent cette occasion, et, toujours hostiles aux anciennes prérogatives de Piome, ils dirent : « Nous connaissons et savons faire « le bien mieux que l'Église ; nous ne devons dépendre de per- « sonne, et il ne doit y avoir personne dans nos États qui ne « dépende de nous. »

Au milieu de la tendance générale de ce siècle à constituer les principautés sur les ruines des républiques et des communes, les papes eux-mêmes se jetèrent plus avidement dans la voie des inlérèts matériels; ou bien ils s'efforcèrent de procurer la richesse et de hautes positions aux membres de leur famille, caressant d'un côté les puissants afin de les rendre favorables à leurs desseins, et de l'autre pressurant les faibles. Dans ce but, et pour fortifier leur puissance terrestre au détriment des petits seigneurs de la Romagne, qui l'entravaient, ils s'engagèrent dans une politique qui ne fut exempte ni de violences ni de fraudes. Dans la conjuration des Pazzi, nous avons vu des prélats conspirer pour commettre un assassinat au milieu d'une Église, et le peuple, par vengeance, pendre même un archevêque. Ce fait prouve mieux l'affaiblissement du sentiment religieux que la diatribe violente lancée, à cette occasion, contre

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