PROFANATION ACADÉMIQUE
présentant les niaîtresses des peintres^ et la Vierge à la chaste tendresse était la figure des courtisanes renommées. Alexandre VI fut peint par Pinturichio, dans le Vatican, sous la forme d'im roi mage prosterné devant une Madone, qui était Julie Farnèse. Ligorio, dans la villa Pia des papes, érigée pour leur récréation, se montra païen non-seulement dans la construction, mais dans les scènes et les figures. Pordenone fit Alphonse !«'' de Ferrare agenouillé devant sainte Justine, qui était Laure Dianti, sa maîtresse. Dans l'adoration des Mages, on représenta souvent les Médicis, pour avoir l'occasion de mettre sur leur tète cette couronne, objet de leur ambition. Les trois Grâces nues furent placées dans la sacristie de Sienne, et les nus abondaient sur l'austère majesté des tombes princières et jusque dans les chapelles pontificales. Tsotta, d'abord maîtresse, puis femme de Pandolphe Malatesta, seigneur de Rimiiii, reçut sur les médailles et son tombeau le titre de divine ; dans son épitaphe, Charles Pinti la déclarait l'honneur et la gloire des concubines. Sur le tombeau d'Aramo, à Saint -Ambroise de Milan, on lisait : D. 0. M. Invidistis hune, yarce nobis; dans un autre, de Saint-Daniel de Venise : Fata vieil impia. Paul Jove prit pour devise : Fato prudentia r/iinor.
A l'exaltation d'Alexandre VI, les inscriptions faisaient toujours allusion au nom héroïque :
Cœsare magna fuit, nunc Roma est maxima : Sextus Régnât Alexander, ille vir, iste deus ;
et une autre :
Scit venisse suum patria grata Jovem.
Pour Léon X, on fit cette épigramme :
Olim habuit Cypris sua tempora, tempora Mavors Oliin habuit; sua nunc tempora Pallas habet.
Marsile Ficin loue Jean de Médicis en ces termes : Est homo Florentise missus a Deo, cui nomen est Joannes. Hic venit ut de sunima patrissui Laurentii opud omnes auctoritate testimoniwn perhibeat. Il fait dire à Plolin sur Platon : Hic estfilius meus dilectus, in quo mihi imdique placeo : ipsum audite (1). Léon X
(1) Dédidace de Jamblique et préface sur Proclus.