CLEMENT VII. SAC DE ROME- PAIX DE BARCELONE
Jules de Médicis , chevalier hiérosolymitain , habile dans les armes, les négociations difficiles et les cabales^ avait été le bras droit de Léon X, son cousin^ et le rétablissement de sa famille à Florence était dû surtout à ses efforts ; nommé plus tard archevêque et cardinal dans cette ville, il administra de manière à se concilier les esprits. Il fut légat de l'armée pontificale en Lombardie, puis à Rome; à la mort d'Adrien VI, saint homme et prince incapable, il gagna dans le conclave le cardinal Colonna, d'abord son adversaire décidé, en lui promettant de lui céder 1523 l'office lucratif de vice-chancelier, et devint pape sous le nom de Clément VII (1).
Tous les contemporains sont d'accord pour reconnaître ses qualités morales; parmi les autres, l'ambassadeur vénitien, Marc Foscari , écrivait ainsi à la seigneurie de Venise : « Il parle bien, voit tout, mais il est très-timide. En matière d'État, personne n'est au-dessus de lui; il écoute tout le monde, et fait ensuite ce qu'il juge convenable. Homme juste et homme de Dieu... quand il a signé une supplique, il ne se rétracte jamais, comme faisait le pape Léon, qui donnait sa signature à plusieurs. Il ne vend pas les bénéfices, et ne les donne point par simonie; il n'en-
(1) Le cardinal Wolsey, ministre de Henri VIII, roi d'Angleterre, avait toujours convoité la tiare. Après la mort d'Adrien VI, il se fit recommander chaudement par son roi ; on a publié dernièrement dans les Stale's papers sa lettre aux ambassadeurs anglais à Rome. Dans cette lettre, après avoir parlé des chances qui sont en faveur du cardinal de Médicis, il charge les ambassadeurs de le sonder sur ses dispositions à son égard, et de lui promettre en son nom, dans le cas où il voudrait renoncer à sa candidature , toute espèce d'avantages. Inutile d'ajouter qu'il les invite à faire des démarches auprès des autres cardinaux, de vanter son mérite, de faire valoir l'appui que lui prête Henri VIII, et de le présenter comme disposé à tout faire pour donner satisfaction à tous les désirs, à tous le$ appétits, à doter l'Italie et l'Église de tous les biens.