‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 298 sur 352 · BATAILLE DE PAVIE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE PAVIE

batailles et à quarante sièges (I). Le connétable de Bourbon recueillait partout de l'argent, et Pescaire cherchait à corrompre les personnes de l'entourage de François I"; Jean-Jacques JNledegliino, aventurier milanais, qui, au milieu de ces bouleversements, s'était créé une seigneurie auprès du lac de Côme, assiégea Ghiavenne, et put ainsi arrêter les secours qu'envoyaient les Grisons , alliés de la France.

Les impériaux, commandés par Lannoy, se réunirent alors de tous côtés pour délivrer Pavie , et cernèrent les Français. Bien que la guerre fut soimiise à la tactique, le roi ne voulait pas renoncer aux prouesses de l'ancienne chevalerie, et le point d'honneur l'empêchait de se retirer; malgré sa grande infériorité numérique, il accepta la bataille , où périrent huit mille des siens avec une vingtaine de ses meilleurs capitaines, parmi lesquels Bonnivet, Galéas Sanseverino, La Palisse, Aubigny, La Trémouille. Le roi lui-même, entouré par des ennemis qui ne le connaissaient pas, se défendit jusqu'au moment où il rencontra Lannoy, auquel il remit son épce, que celui-ci reçut à genoux, en lui en donnant une autre. Le roi de Navarre, le bâtard de Savoie, le maréchal de Montmorency, deux Visconti et vingt autres personnages de marque restèrent prisonniers ; tous les bagages du roi et l'artillerie furent enlevés, et les goujats même pillèrent sa garde-robe. L'armée française n'opposa plus la moindre résistance, et les Suisses, pour échapper à la haine nationale des Allemands, se précipitèrent dans le Tésin , où beaucoup se no'yèrent.

Bien que le roi écrivît à Louise de Savoie, sa mère , que tout était perdu, fors l'honneur (2), Charles-Quint sentait que rien n'était perdu, et que la France restait entière, même sans son roi. Dans les premiers jours, il montra donc celte modération qui double le mérite des victoires ; il n'y eut ni fêtes ni Te Veum ; il fallait, disait-il, y reconnaître la main de Dieu, et ne s'en réjouir que parce qu'un tel événement ferait cesser l'effusion du sang ; il refusa d'écouter le ducd'Albe, qui lui conseillait d'enva-

(1) Brantôme {T^les des grands capitaines) dit que Leyva, assiégé dans Pavie, enleva des églises tous les ornements en or et en argent, mais en faisant nn vœu solennel, s'il était vainqueur, d'en restituer lieaucoup plus, et il en fit faire de la monnaie ; mais, « passé le danger, le saint est oublié. »

(2) Ou plutôt, bien qu'il nous en coûte de jeter une ombre sur des paroles répétées si fréquemment : Madame, de toutes choses ne m'est demeuré t/ue l'honneur et la vie, qui est saine, etc.

2k fiivrier.

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