AM FRANÇOIS I" PRISONNIER
hir subitement la France consternée. Néanmoins il fit enfermer François I" dans le château de Pizzighitone, en demandant pour sa rançon la Bourgogne , Milan , Asti , Gênes et Naples ; sur son refus d'acheter la liberté à ce prix , il l'envoya prisonnier à Madrid.
Cet événement inattendu réduisait à néant les subterfuges d'une politique qui avait compté sur un homme, au lieu de s'appuyer sur une nation. Les princes d'Italie, qui avaient espéré voir les deux rois s'affaiblir réciproquement, se trouvèrent à la merci d'une armée victorieuse, insubordonnée, rapace, et d'un empereur enorgueilli par le succès. Les généraux espagnols, n'ayant plus à craindre l'union des princes italiens , les frappèrent individuellement de contributions énormes , ce qui leur permit de payer l'armée , de tyranniser et de voler. Clément VII , une fois ses manèges découverts, se vit exposé à l'orage; sa finesse paraissait malice, la générosité , des Médicis devenait lésinerie, et sa politique se réduisait à ces tâtonnements qui indisposent tous les partis et dégoûtent le peuple, toujours prêt à admirer la résolution , même alors qu'elle lui est nuisible ; dès lors, se voyant à la merci des étrangers pour n'avoir point osé se mettre à la tête de ses compalriotes, il changea de langage, et joignit ses plaintes à celles de toute l'Italie.
François Sforza, au nom duquel on avait recouvré le Milanais, sentait que Charles-Quint, bien qu'il l'en eût investi moyennant 600,000 ducats et l'obligation d'y tenir des garnisons allemandes, visait à réunir le duché à ses possessions héréditaires. Bon, mais incapable, et soumis à la volonté des étrangers qui Tavaient rétabli, il ne pouvait que gémir sur l'agonie de son pays, ravagé par la peste et cet autre iléau des lansquenets , qui ne comprenaient pas même la langue dans laquelle les Italiens leur demandaient merci.
Le chancelier Morone, après avoir cherché à se concilier les Milanais par l'institution d'un sénat, corps inamovible et irresponsable, qui surveillait le recouvrement des impôts, rendait l'administration de la justice impartiale et rigoureuse, révisait les actes législatifs du prince , ne pouvait se résoudre à supporter cette abjection , et forma le projet d'une ligue italienne pour assurer Tindépendance du pays ; Henri VIII la favorisait par jalousie de Charles, et la régente de France promettait des subsides, dans l'espoir que cette diversion lui ferait obtenir de meilleures conditions pour racheter son fils.