‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 304 sur 352 · CONDUITE DE LA SOLDATESQUE · texte numérisé non relu

CONDUITE DE LA SOLDATESQUE

c( de la cour apostolique, et l'on ne voit que la soif de régner « per fus et nefas; il y a tant de maux, que j'espère que Dieu ne « voudra point supporter davantage un si grand mépris de ses « choses (I).))

Le ducd'Urbin, capitaine des Vénitiens, marche sur le Milanais, tandis que Guido Rangone et l'historien Guicciardini , en qualité de Ueutenant, y arrivent avec les troupes papales ; mais les confédérés ne savaient pas agir d'accord. Clément s'imaginait qu'on manquait aux égards qui lui étaient dus;leMedeghino,qui recevait de lui de grandes sommes d'argent pour soudoyer des Suisses, les employait à s'agrandir lui-même ; le duc d'Urbin, en se vantant d'imiter Fabrice Colonna leTemporiseur, évitait les batailles pour traîner la guerre en longueur. « Les résolutions des Français, magnifiques en paroles, aboutissaient chaque jour à des effets plus restreints, d'autant plus que François avait entamé de nouvelles négociations avec l'empereur. » Tout cela rendait très-misérable le sort de la Lombardie, « déchirée avec impiété par les soldats de la ligue, lesquels , attendus d'abord

(1) Lettre de Rome, 10 juin 1 526. Entre autres choses, il dit : « Nous metti'ons sur pied dix mille fantassins, et les Vénitiens autant. Nous attendons que l'évèque de Lodi, auquel nous et les Vénitiens avons donné de l'argent, nous amène dix mille Suisses ; s'ils ne viennent pas, nous en ferons de toute manière descendre dix mille. La forteresse de Milan est réduite aux extrémités, et celle de Crémone souffre beaucoup ; j'espère que nous pourrons les secourir à temps. Le peuple de Milan est encore en armes ; aussitôt qu'il sera secouru par quelque bande, il promet de faire merveilles. Les Espagnols fortifient beaucoup Lodi ; nous croyons qu'ils veulent s'enfermer là et dans Pavie ; le tout est de tomber dessus avant les récoltes, parce que, s'ils s'enfermaient dans les forteresses approvisionnées, ils nous feraient dépenser un monde. Les lansquenets mauqueut d'argent, et nous croyons que, Charles n'ayant pas de quoi les payer, ils s'en iront ; mais les Espagnols serviront sans paye. Vous nous rendrez un très-grand service de ne pas lui en donner et d'empêcher qu'on lui en donne. J'ai appris avec déplaisir, par votre lettre du 1'"' du mois passé, que César envoie en Italie 200,000 ducats obtenus de vous; nous n'avons pas su autre chose, sinon qu'ils cherchaient à réaliser en Italie des valeurs pour 70,000 ducats ou environ. Nous essayerons de lui fermer Gênes, afin que , même alors que vous seriez si peu digne, César n'ait pas le moyen de les remettre. Je désirerais que nous fissions l'expédition de Naples, ou bien nous verrons ut se iitiùa dont in Lombardia... Quant à faire votre enfant duc de Milan, vous voyez que c'est là un songe. Personne ne voit vos lettres, excepté le pape ; je vous écrirai, et vous , écrivez-moi ; or, même sans écrire , sachez que tout le mal qu'on peut faire à César, surtout si on ne lui donne point d'argent, ni aucun autre subside, tout cela tourne à notre avantage, etc. »

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