SIEGE DE ROME
de Lannoy, puis abandonné de tous à l'approche de l'armée formidable, chercha à se réconcilier avec le duc d'Esté; ensuite, afin de se procurer de l'argent, il vendit des chapeaux de cardinal , ce qu'il avait refusé de faire jusqu'alors, demanda aux citoyens des offrandes spontanées, et se mit à invoquer ces alliés qu'il avait honteusement abandonnés.
Mais ces bandes qui se qualifiaient d'armée impériale, irrésistibles comme la lave de l'Etna, poussées par une inexorable fatalité comme les hordes d'Alaric (1), s'avançaient en saccageant les villes qui s'étaient enrichies par les pillages antérieurs. Elles convoitaient Florence ; mais les troupes de la ligue occupaient une position si avantageuse que le connétable, évitant la rencontre, défila sur Rome par le Valdarno supérieur. L'en- 1527 nemi avançait à travers des chemins défoncés et fangeux, lais- J'-'^'c sant derrière lui la désolation. Le pape apprenait que Brisigbella, Meldola, Russi, Acquapendente, San Lorenzo, Ronciglioiie, avaient été ruinés; alors il confia la défense de Rome à Renzo de Geri des Orsini, qui avait servi les Vénitiens contre la ligue de Cambrai, et dont le corps de fantassins italiens fut le premier en état de résister aux bataillons suisses et espagnols. Il soutint vaillamment le siège de Bergame; mais, croyant qu'Alviano l'avait desservi dans cette affaire, il passa à la solde de Léon X, qui l'employa à la conquête du duché d'Urbin. 11 dévasta l'Ralie sous les drapeaux de François P% et défendit Marseille contre le connétable de Bourbon, auquel maintenant il ne pouvait opposer qu'une multitude inexpérimentée , sans courage ni discipline, et pourtant il se vantait qu'il sauverait Rome et l'Italie.
Les hommes, saisis d'une terreur panique au milieu de ce désordre, ne savaient que gémir et trembler au lieu de songer à se défendre. Quelques jeunes gens qui avaient pris les armes, mais inexercés et d'ailleurs desservis par les Gibelins, qui souriaient au triomphe de l'ennemi , prennent la fuite à l'approche des impériaux. Le connétable de Bourbon campa dans les prai- 5 „,;„.
(1) Sepulveda, De rehiis gestis Caroli r, livre VII, dit : Borl/on'ms, posteaqtiam nec a militibas, ut ab incepio it'inere ac propos'ito désistèrent impelrare , nec eos, ut erat stipendia non suppete.nle precarius imperalor, coercere posset, lion putav'il nec ad siium offic'inm et dign'itatem, nec ad Caroli Cœsaris rationes interesse ut ipse quoipie ab cxercitii disccderet, ne, si tanla mullitudo sine iniperio fevretur, obvia quœqite devastans atque diripiens in omnem injuriam et maleficiiim intolerantiits irrnerel, et ponùficiœ diiionis popuUs, contra inducias factas, et Caroli Cœsaris volunlaleni, longe gravius noceretur.