SAC DE ROME
ries au-dessous de Rome; mais, comme l'armée alliée le poussait sur ses derrières, et que la campagne était si ravagée qu'elle n'offrait aucun moyen de se ravitailler, il résolut d'abandonner la cité du catholici.sme et des arts à la cupidité des barbares et des protestants. Les lansquenets, à défaut d'échelles, s'aident de leurs espadons pour gravir les murailles ; le connétable monte un des premiers à l'assaut vers la porte Saint-Esprit; mais une arquebusade l'étend mort à l'âge de trente-huit ans.
, Frundsberg, frappé d'apoplexie, s'était déjà retiré ; l'armée resta donc sans chefs qui pussent refréner cette avidité de vengeance, de butin, de sacrilège, et Rome fut prise en deux heures. Les envahisseurs, pénétrant par le pont Sixte en deçà du Tibre, égorgent les Romains et les gardes suisses qui résistaient encore ;, le reste est abandonné sans pitié à la furie déchaînée de quarante mille brigands et des paysans des Golonna, qui, alléchés par le précédent pillage, venaient prendre leur part du nouveau. Clément s'enfuit au château Saint-Ange à travers la longue galerie qui le réunit au Vatican , monseigneur Jove le couvrant de son manteau violet pour qu'il ne fût pas reconnu des agresseurs; de là il put voir sa capitale livrée à la brutahté soldatesque et à la fureur luthérienne.
Les sacs du temps d'Alaric et de Genséric n'offrent rien d'aussi horriblement hideux que celui qui arrivait en pleine civilisation, au nom du roi catholique. Parmi les Espagnols catholiques, les Allemands luthériens et les Italiens mécréants, il n'y avait plus désormais qu'une seule rivahté : c'était à qui ferait le plus de mal , non-seulement aux riches et au clergé, mais encore à l'innocente population. Se réunissant au son des tambours et des fifres, ils donnaient l'assaut à un palais, et comme, dans l'intérieur, on employait tous les moyens de défense, les attaques et les motifs de nuire se multipliaient à l'intini. Un grand nombre de Romains, après s'être rachetés à grand prix des Allemands, sont repris par les Espagnols et subissent de nouveaux outrages, de nouvelles tortures, de nouvelles contributions. Des matrones et de jeunes filles furent souillées sous les yeux de leurs époux et de leurs pères enchaînés ; plusieurs Romaines, pour se soustraire à la mort, se frappèrent d'un poignard, et des pères tuèrent leurs filles afin de sauver leur pudeur. Les temples ne protégeaient pas les femmes; que dis-je ! la mort même ne préservait pas les cadavres de l'iuimonde lubricité.
Les artistes et les gens de lettres, attirés en grand nombre à